Taïwan est de facto séparée de la Chine depuis la fin de la guerre civile en 1949, lorsque l`armée nationaliste du Kuomintang (KMT) s`était réfugiée dans l`île après sa défaite face aux communistes. Pékin considère toujours Taïwan comme faisant partie de la Chine. Les relations avec l`île se sont détériorées depuis l`arrivée au pouvoir en mai de la présidente Tsai Ing-wen, membre du Parti démocratique progressiste (PDP), hostile à Pékin. Mme Tsai a remporté la victoire contre le KMT, artisan depuis 2008 d`un rapprochement avec la Chine continentale.
Tsai Ing-wen refuse de reconnaître un consensus conclu en 1992 entre Pékin et Taipei, selon lequel il n`y a "qu`une seule Chine", une formulation empêchant de fait toute déclaration d`indépendance de l`île. En conséquence, Pékin a coupé les communications officielles avec le gouvernement taïwanais. Washington soutient depuis les années 1970 la "politique de la Chine unique", depuis la célébrissime reprise du dialogue entre le président américain d`alors Richard Nixon et son homologue chinois Mao Tsé-toung, suivie par la reconnaissance officielle en 1978 de Pékin et la fermeture de l`ambassade des Etats-Unis à Taïwan l`année suivante.
Cet appel téléphonique de M. Trump, en rupture avec les règles du protocole durant la transition du pouvoir --le département d`Etat est en général associé à ce genre de démarches-- fait suite à un échange téléphonique cette semaine avec le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif. M. Trump a couvert d`éloges le dirigeant pakistanais, ce qui a stupéfié des diplomates. Mi-novembre, il avait aussi sidéré des observateurs en recevant à New York le Premier ministre japonais Shinzo Abe en présence de sa fille Ivanka Trump.
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