La ville du centre de l`Italie conteste deux caricatures publiées dans les pages de Charlie et sur son Facebook, dans les jours qui ont suivi cette catastrophe. Le séisme avait causé la mort de 295 personnes et la destruction des trois quarts des constructions de la ville.
La première caricature incriminée, datée du 31 août, titrée Séisme à l`italienne, montre trois victimes du tremblement de terre, présentée avec les commentaires suivants: "penne sauce tomate", "penne gratinées" et "lasagnes". Ce premier dessin avait suscité une vague d`indignation en Italie. L`ambassade de France à Rome avait d`ailleurs publié un communiqué indiquant: "Nous nous tenons aux côtés de l`Italie dans cette épreuve. S`agissant des caricatures de presse, les opinions exprimées par les journalistes sont libres. Le dessin de Charlie Hebdo ne représente en rien la position de la France."
"Injure publique envers les victimes"
La deuxième caricature, publiée quelques jours après sur la page Facebook du journal, montre une victime agonisante du séisme, prise dans les décombres. Sous le titre Italiens..., le personnage déclare:" C`est pas Charlie Hebdo qui construit vos maisons, c`est la mafia !"
Pour les avocats de la ville de 2700 habitants, maîtres Mario Cichetti, Dominique Anastasi et Yassine Maharsi, mandatés par le maire, Sergio Pirozzi, le premier dessin constitue "une injure publique envers les victimes du séisme survenu à Amatrice et les Italiens". Selon eux, la seconde vignette est "diffamatoire envers les victimes et les Italiens", car elle laisse entendre que ces derniers seraient d`une manière générale impliqués dans des affaires de corruption.
"Une procédure classique vu le type d`humour de Charlie"
Sollicité par L`Express, maître Richard Malka, l`avocat de Charlie Hebdo, déclare:"Cette procédure était dans l`air depuis quelques semaines, mais je n`avais pas connaissance d`un dépôt de plainte effectif. C`est une procédure classique, induite par le type d`humour pratiqué par le journal. Cette plainte peut être légitime, tout comme nous démontrerons devant la justice, si besoin, la légitimité de notre point de vue."
Cette affaire, visant l`hebdomadaire satirique dévasté par le massacre de janvier 2015 (17 victimes), perpétré par les djihadistes Cherif et Saïd Kouachi, pose de nouveau la questions des conflits possibles entre liberté d`expression, droit à la caricature et atteinte à l`image des personnes.
faltos de memoria y miserables @Charlie_Hebdo_ con #Amatrice
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