Les émissions de CO2 stables mais toujours trop élevées pour le climat
Des émissions de gaz constantes. Cette "rupture claire" par rapport à la poussée des émissions constatée la décennie précédente a été permise par la Chine, premier émetteur mondial, qui a réduit son recours au charbon, souligne le Global Carbon Project dans son 11e bilan annuel réalisé par des scientifiques du monde entier. En 2015, le total des émissions mondiales liées à l`industrie et à la combustion d`énergies fossiles n`a ainsi pas crû, et devrait à peine augmenter en 2016 (0,2%), estime l`étude parue dans le journal Earth System Science Data.
"Cette troisième année quasiment sans croissance d`émissions est sans précédent en période de forte croissance économique", souligne l`auteure principale, Corinne Le Quéré, de l`université britannique d`East Anglia. "C`est une contribution essentielle à la lutte contre le changement climatique, mais ce n`est pas assez", ajoute-t-elle : "les émissions mondiales doivent maintenant baisser rapidement, pas seulement cesser de croître".
Un nouvel élan d`espoir pour la COP 22. Pour limiter à moins de 2°C la hausse moyenne du thermomètre par rapport au niveau d`avant la Révolution industrielle - seuil critique sur lequel la communauté internationale s`est accordée fin 2015 à Paris - les émissions devraient baisser en moyenne de 0,9% jusqu`en 2030, rappelle l`étude. "Si les négociateurs pouvaient à Marrakech [ville où se déroule la COP 22 jusqu`au 18 novembre] trouver l`élan pour accélérer encore les réductions d`émissions, nous ferions un sérieux pas dans la lutte climatique", insiste Corinne Le Quéré.
Du côté des pays émetteurs, la situation est contrastée. La Chine, qui émet 29% des GES, a vu ses émissions baisser de 0,7% en 2015 (contre +5% par an la décennie précédente). Elles pourraient encore se réduire en 2016. Les États-Unis, deuxième pays émetteur (15%), ont réduit leurs émissions de 2,6% en 2015 (avec -1,7% possible en 2016), en recourant au gaz et au pétrole plutôt qu`au charbon. "L`éolien, le solaire et le gaz continuent à remplacer le charbon dans la consommation électrique américaine", note Glen Peters, un des co-auteurs. "Les plans [du président américain élu Donald] Trump pour ressusciter une industrie du charbon mal en point pourraient bien ne pas suffire à contrecarrer les forces du marché".
L`UE et l`Inde, les mauvais élèves. En revanche, l`Union européenne (10% des émissions globales) a connu une hausse de ses émissions d`1,4% en 2015, contrastant avec de longues périodes de recul. L`Inde continue à voir ses émissions augmenter fortement (+5,2% en 2015). La communauté internationale, réunie à Marrakech jusqu`à vendredi, tente de s`accorder sur les moyens de mettre en oeuvre l`accord de Paris contre le réchauffement, notamment pour renforcer les engagements nationaux, à ce stade insuffisants.






