Donald Trump se dit «impatient de travailler» avec Barack Obama

  11 Novembre 2016    Lu: 484
Donald Trump se dit «impatient de travailler» avec Barack Obama
Au lendemain de l`élection du candidat républicain à la présidence des États-Unis, le chef de l`État en exercice a reçu durant plus d`une heure son successeur dans le Bureau ovale.
L`image était, pour beaucoup, absolument inimaginable il y a deux jours: Barack Obama reçoit actuellement dans le Bureau ovale Donald Trump, dont la retentissante élection continue de provoquer une onde de choc, à travers les États-Unis et le monde. La rencontre a débuté à 11 heures (17 heures à Paris) entre les deux hommes qui ont échangé pendant plus d`une heure. À l`issue de cet entretien, Barack Obama a parlé d`une «excellente conversation» avec le futur président élu, et a affirmé qu‘ils avaient parlé de «politique intérieure, de diplomatie et de l`organisatoion de la Maison Blanche». «Ma priorité sera, dans les deux mois à venir, de faciliter la transition, et de faire tout mon possible pour qu`il (Donald Trump, NDLR) réussisse», a encore affirmé le chef de l`État en exercice. De son côté, le magnat de l`immobilier a dit être «impatient de travailler avec le président» Obama.

Depuis l`élection de Donald Trump, Barack Obama et Hillary Clinton ont multiplié les signes d`apaisement et les appels à l`unité. «Nous ne sommes pas d`abord démocrates ou d`abord républicains. Nous sommes d`abord Américains (...) Nous devons nous rappeler que nous ne formons en réalité qu`une seule équipe», a souligné le 44e président des États-Unis, qui quittera le pouvoir le 20 janvier. Insistant sur l`importance «du respect des institutions, de la loi» et «du respect les uns pour les autres», il a dit espérer que le milliardaire populiste soit fidèle à l`esprit de ses premiers mots - rassembleurs et apaisés - après la victoire.

● Obama et Trump: deux hommes, deux visions du monde


Quel est l`état d`esprit de Barack Obama, qui a plusieurs fois affirmé durant la campagne que Donald Trump était une menace pour la démocratie américaine, au moment de lui remettre les clés de la Maison-Blanche? Bombardé de questions sur ce thème mercredi, son porte-parole Josh Earnest était à la peine. «L`élection est terminée, les Américains ont tranché. Ils ont choisi quelqu`un avec lequel le président Obama a des désaccords profonds. Mais cela ne le détournera pas de sa détermination à assurer une transition en douceur. Notre démocratie l`exige.» «Nous ne pouvons pas nous permettre d`élire ce type! Ce n`est pas possible! Ce n`est pas possible!», avait déclaré Barack Obama à Las Vegas, comme un cri du cœur, quelques jours avant le scrutin.

L`élection surprise de Donald Trump, portée par la colère d`un électorat se sentant ignoré des élites et menacé par la mondialisation, menace le bilan de Barack Obama, notamment en ce qui concerne le climat, l`assurance-santé ou encore les mesures favorisant le libre-échange. Le tribun populiste de 70 ans, qui sera le plus vieux président à entrer à la Maison-Blanche, et qui n`a jamais occupé de fonction élective, a en effet menacé durant la campagne de revenir sur plusieurs mesures prises par l`administration Obama.

L`inimitié des deux hommes a des racines parfois plus personnelles que leur appartenance politique ou leur vision du monde: pendant des années, Donald Trump a alimenté une théorie du complot aux relents racistes sur le lieu de naissance de M. Obama, avant de virer casaque brutalement durant la campagne, sans explication.

● D`autres entretiens prévus ce jeudi


Dans le même temps, Michelle Obama s`est entretenue à huis clos avec la très discrète Melania Trump, prochaine première dame des États-Unis. Le vice-président Joe Biden recevra quant à lui un peu plus tard son successeur, Mike Pence, qui se décrit comme «chrétien, conservateur et républicain... dans cet ordre».

Après s`être entretenu avec son prédécesseur, Donald Trump, qui travaille à la mise en place de ses équipes, a également rencontré en début d`après-midi l`homme fort du Congrès, Paul Ryan, président de la majorité républicaine de la Chambre des représentants. Les deux hommes entretiennent des relations difficiles: Paul Ryan avait annoncé en pleine campagne qu`il ne défendrait plus le candidat républicain puis a finalement voté pour lui.

● Les anti-Trump se sont rassemblés dans tout le pays

Sous le choc, des milliers d`Américains se sont rassemblés mercredi soir dans une dizaine de villes, de New York à Los Angeles en passant par Washington, pour dénoncer les vues racistes, sexistes et xénophobes, selon eux, de Donald Trump. Alors que le magnat de l`immobilier était dans le Bureau ovale, plusieurs dizaines d`entre eux étaient présents avec des pancartes devant la Maison Blanche.

Mercredi soir, à Los Angeles, des milliers de Californiens inquiets et rageurs ont envahi un important axe routier et une effigie du nouveau président a été brûlée devant l`hôtel de ville. Des médias ont fait état de plusieurs interpellations. À New York, une foule s`est rassemblée au pied de la Trump Tower, domicile du président élu, scandant «Trump à la poubelle!».

La plupart des rassemblements ont été pacifiques mais à Oakland, en Californie, des bouteilles et des pétards ont été lancés sur la police, blessant plusieurs fonctionnaires. Selon une responsable, deux voitures de police ont aussi été incendiées.

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