En moins d`une semaine, la pseudo écolière a reçu quelque 350 demandes d`amitié, du monde entier. Et ce qu`a connu la fausse Melanie en si peu de temps est inquiétant et pervers, selon le journal. En effet, les limites de l`illégalité ont été franchies à plusieurs reprises. Dès la publication, des dizaines d`hommes se sont annoncés. Très vite, ils lui ont demandé si c`est seulement de l`amitié qu`elle voulait, si elle était célibataire, si elle avait déjà eu des relations sexuelles, etc.
Avances très claires
En une semaine, une centaine d`internautes mâles ont pris contact avec elle. Avec pour certains des avances très claires: comme celle d`un Zurichois de 29 ans qui lui a carrément envoyé une photo de lui, sans slip et en érection en lui demandant si elle voulait le voir en vrai et en lui proposant des relations sexuelles.
Pour ferrer les poissons, le journal avait créé un profil très représentatif d`un jeune fille d`aujourd`hui qui ignore les recommandations de prudence d`usage. En effet, la fausse Melanie a accepté toutes les demandes d`amitié et discuté en ligne avec tous ceux qui le souhaitaient. Sans tenter de bloquer ceux qui allaient trop loin. Un comportement très répandu sur Internet, selon les experts.
Du coup, la jeune fille s`est très vite retrouvée à recevoir des commentaires d`abord en suisse-allemand, puis en anglais, en français, espagnol et même arabe. Elle a reçu des compliments en provenance de République dominicaine, des appels du Maroc et même une vidéo indienne.
Algorithmes très puissants
Comment est-ce possible? Nordwestschweizexplique que ces comportements sont encouragés par une fonction très puissante de Facebook. Celle qui analyse grâce à des algorithmes les profils de tous ses utilisateurs pour pouvoir leur suggérer des propositions individuelles via la fonction: «Personnes que vous connaissez peut-être». But de la manoeuvre: le profit. Car plus on compte d`amis sur le réseau social, plus on y passe du temps, donc plus les recettes publicitaires pour le groupe de Marck Zuckerberg sont importantes.
Mais l`expérience vécue par la fausse Melanie surprend par sa rapidité Martin Boess, responsable à la Prévention suisse de la criminalité. «Avoir autant de demandes de contact en une semaine est extrême. Je sais que la police s`infiltre dans les chats anonymes et ne s`occupe que peu de Facebook. Au vu de ces résultats, il faudrait peut-être reconsidérer les choses», dit-il. Pour lui, cela démontre une fois de plus à quel point la formation des jeunes en la matière est importante.
L`éducation sexuelle aussi sur le net
L`éducation aux médias est un thème depuis des années, constate Laurent Sédano, de la Fondation Pro Juventute. L`éducation sexuelle se fait aussi sur le net aujourd`hui, ce qui n`est pas en soi négatif, remarque-t-il, en soulignant ainsi que les jeunes testent ainsi les limites en la matière. Mais ils doivent connaître et respecter certaines règles.
Ainsi recevoir une photo de sexe masculin est bien sûr choquant. Mais au moins, cela identifie clairement son auteur comme étant dangereux, remarque-t-il. Plus pernicieux sont les internautes qui établissent une relation de confiance avec le ou la jeune pour mieux les exploiter ensuite, selon lui.
Mais, rassure Laurent Sédano, les jeunes ne doivent pas être sous-estimés: «La prise de conscience de la sécurité et la confidentialité sur Internet est très élevé en Suisse. Presque aucune fille suisse ne réagirait comme Melanie dans la réalité», estime-t-il. «Internet n`est pas un mauvais endroit et les parents ne doivent pas paniquer. »
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