Imdad Ali, 50 ans, avait été condamné à mort pour le meurtre d`un dignitaire religieux en 2002. Il a passé trois années à l`isolement dans l`hôpital de la prison, en raison de sa schizophrénie. Dans un rapport médical établi en 2013, les autorités gouvernementales pakistanaises concluaient que Mr Ali était "fou". Des bilans datant de septembre et octobre le qualifient de psychotique. Selon un psychiatre c`est un "cas qui résiste aux médicaments".
La suspension intervient alors que l`Union européenne a menacé de remettre en question le statut commercial privilégié du Pakistan si ce dernier continuait à exécuter des condamnés à tour de bras. Le Pakistan a rétabli la peine de mort après le pire attentat de son histoire, qui avait visé une école gérée par l`armée à Peshawar, où plus de 150 personnes avaient été tuées fin 2014.
Depuis, 418 condamnés ont été exécutés, ce qui propulse le Pakistan à la troisième place des pays ayant le plus recours à la peine de mort, derrière la Chine et l`Iran. Selon un rapport de l`ONG britannique Reprieve, 94% des personnes exécutées avaient été condamnées pour des crimes de droit commun, non liés au terrorisme. Des représentants de l`Union européenne sont attendus au Pakistan à partir d`aujourd`hui pour évaluer si le pays respecte les engagements qu`il a pris, notamment en matière de droits de l`Homme, dans le cadre de l`accord exonérant de douanes 20% des exports pakistanais destinés à l`Europe.
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