Sur les lieux du double attentat, le ministre de la Santé Waël Abou Faour a affirmé que de nombreux blessés étaient dans un état critique.
En fin d`après-midi, deux hommes ont successivement fait détoner leurs ceintures explosives dans une rue commerçante bondée du quartier de Bourj al-Barajné, selon l`armée qui a aussitôt bouclé le secteur. Un troisième "terroriste" qui n`a pu faire exploser sa ceinture a été retrouvé mort, a-t-elle ajouté.
Le photographe de l`AFP a vu des corps ensanglantés dans des magasins pulvérisés et des flaques de sang au milieu de voitures détruites après les explosions. Des secouristes et des civils évacuaient les blessés.
Le bilan n`a cessé de s`alourdir, la Croix-Rouge libanaise faisant état dans un dernier bilan provisoire de 41 morts et 181 blessés.
La double attaque a été revendiquée par le groupe extrémiste EI qui a dans un communiqué parlé de deux attaques mais d`un seul kamikaze.
`La fin du monde` !
"Des soldats du califat ont réussi à faire exploser une motocyclette piégée garée contre un rassemblement de `rafida`", terme péjoratif désignant les chiites, et "après que des apostats sont accourus sur les lieux, un des chevaliers du martyre a fait détoner sa ceinture explosive au milieu du groupe", a indiqué l`EI.
La revendication n`a pu être authentifiée mais le texte est conforme au format habituel des revendications du groupe extrémiste qui n`a pas mentionné le conflit en Syrie dans son communiqué.
Il s`agit du premier attentat contre un fief du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth depuis juin 2014, lorsqu`un agent de sécurité avait été tué en empêchant une attaque. Auparavant, une série d`attaques avaient endeuillé des fiefs du Hezbollah au Liban.
"Je venais d`arriver dans la rue quand l`explosion a eu lieu. J`ai transporté moi-même trois femmes et un de mes amis morts" dans les attaques, a dit Zein al-Abdine Khaddam à une télévision locale.
Un autre témoin, qui n`a pas donné son nom, a lancé: "quand la seconde explosion s`est produite, j`ai cru que c`était la fin du monde".
Le Premier ministre Tammam Salam a annoncé une journée de deuil national vendredi.
`Acte abject`
A l`étranger, le président français François Hollande a exprimé son "effroi" et son "indignation", dénonçant un "acte abject".
Entre juillet 2013 et février 2014, il y a eu neuf attaques contre les fiefs du Hezbollah ou des régions fidèles à ce mouvement, la plupart revendiquées par des groupes extrémistes sunnites.
Ceux-ci avaient présenté leurs attaques comme une "vengeance" à la décision du Hezbollah d`envoyer des milliers de ses hommes combattre en Syrie au côté du régime de Bachar al-Assad contre les rebelles et les jihadistes, en grande majorité des sunnites.
Il y a moins d`un mois, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah avait de nouveau défendu son combat en Syrie auprès du régime Assad, en parlant d`"une bataille essentielle et décisive".
La présence du Hezbollah en Syrie "est plus importante que jamais --qualitativement, quantitativement et en matière d`équipement", a-t-il ajouté.
"Sans la persévérance au sol face à Daech et ses alliés... qu`en serait-il de la région aujourd`hui, en Irak, en Syrie et au Liban?" a-t-il poursuivi, utilisant un acronyme en arabe de l`EI qui occupe la moitié du territoire syrien.
D`après le dernier bilan donné par l`Observatoire syrien des droits de l`homme (OSDH), 971 membres du Hezbollah ont trouvé la mort en Syrie.
Tags:






