France: les sept candidats en lice pour les primaires de la droite

  13 Octobre 2016    Lu: 798
France: les sept candidats en lice pour les primaires de la droite
Les sept candidats à la primaire de la droite française, six hommes et une femme, s`affrontent jeudi soir dans un premier grand débat télévisé à moins de sept mois de l`élection présidentielle
Alain Juppé, le vieux sage

A 71 ans, il joue la carte de l`expérience et de la pondération, en promettant d`être "un président qui prend de la hauteur", ce qui ne l`empêche pas de rendre coup pour coup à ses rivaux. Soutenu par les centristes, il a toujours exclu les alliances avec l`extrême droite et vise plutôt les "déçus du hollandisme".

Cet ancien Premier ministre (1995-97), cinq fois ministre fut longtemps considéré comme l`un des politiques les plus doués de sa génération - "le meilleur d`entre nous", disait son mentor, l`ex-président Jacques Chirac.

Sa carrière a buté en 2004 sur une condamnation à un an d`inégibilité dans une affaire d`emplois fictifs. Après un exil au Québec, il redevient maire de Bordeaux (sud-ouest) puis ministre.

Marié deux fois, père de trois enfants, il traîne une réputation de raideur et d`orgueil qu`il s`efforce d`arrondir.

Nicolas Sarkozy, à droite toute

A 61 ans, l`ancien président (2007-2012) a lancé une campagne très à droite pour prendre sa revanche après sa défaite à la présidentielle de 2012.

Adulé ou détesté, il divise sur le fond comme sur la forme, que ce soit pour ses propos sur les "ancêtres gaulois" ou sur la "tyrannie de la racaille". Parfois accusé par ses détracteurs de tomber dans le "bling-bling", il veut se poser comme le "défenseur des déclassés contre les élites".

Fils d`un immigré hongrois, cet avocat de formation a épousé en troisième noces l`ancien mannequin devenue chanteuse Carla Bruni. Il pourrait être rattrapé par la justice, notamment pour une affaire liée au financement de sa campagne de 2012.

Bruno Le Maire, la carte du renouveau

Ce quadragénaire aux allures sages se présente comme le chantre du renouvellement de la politique française. Décidé à se positionner entre "le Karcher de Sarkozy" et "l`immobilité heureuse" d`Alain Juppé, l`ex-ministre de l`Agriculture a déjà fait savoir qu`il ne "se rallierait à personne" au deuxième tour de la primaire s`il ne se qualifiait pas.

Depuis des mois, il sillonne le pays pour se départir de son image de technocrate surdiplômé et érudit.

A 47 ans, ce père de quatre enfants est souvent accusé de manquer de modestie. Une réputation nourrie par son fameux: "mon intelligence est un obstacle..."

François Fillon, libéral assumé

Cet ancien et unique Premier ministre de Nicolas Sarkozy ne ménage plus ses critiques contre l`ancien chef de l`Etat.

Cet homme de 62 ans, discret et ambitieux, promet de gérer la France "avec fermeté mais avec calme". "Aussi éloigné d`Alain Juppé que de Nicolas Sarkozy", il mise sur une campagne libérale assumée pour se distinguer.

Mariée à une Galloise, père de cinq enfants, il a le soutien des opposants au mariage gay et promet d`abroger la loi en cas d`élection.

Nathalie Kosciusko-Morizet, l`électron libre

Seule femme à concourir, celle qu`on désigne plus volontiers par ses initiales se présente comme la "porte-parole d`une nouvelle société en bouillonnement", avec sa positions à part d`"écolo de droite" favorable au mariage homosexuel et à la dépénalisation du cannabis.

Issue d`une longue lignée d`hommes politiques, cette férue de numérique fut députée à 29 ans, plusieurs fois ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy, mais a échoué de peu à conquérir la mairie de Paris en 2014.

A 43 ans, divorcée et mère de deux enfants, NKM est aussi libre que frondeuse, elle reconnaissait en mars: "Mon principal défaut? Je suis chiante".

Jean-François Copé, l`homme pressé

Cet ambitieux pugnace âgé de 52 ans promet une "vraie rupture" et ne cesse de décocher des flèches à ses principaux concurrents, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Fillon et Bruno Le Maire.

Maire d`une grande ville, député, plusieurs fois ministre, il a suivi un parcours politique classique avant de s`emparer de la présidence de son parti en 2012 dans un scrutin contesté. Il doit démissionner deux ans plus tard en raison d`un scandale de fausses factures. Mis hors de cause, il s`est lancé dans la course pour défendre "la France des boucs-émissaires" et des "pointés du doigt".

Jean-Frédéric Poisson, les valeurs chrétiennes

Ce député de 53 ans qui préside le parti démocrate-chrétien, petite formation satellite des Républicains est "l`inconnu" de la primaire de droite. Ultra-conservateur assumé, ce docteur en philosophie veut "libérer la France de Mai 68", plaide pour l`abrogation du mariage homosexuel et veut inscrire "les racines chrétiennes" de la France dans la Constitution. En 2015, il s`est rendu deux fois en Syrie pour rencontrer le président Bachar al-Assad.

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