Jusqu`à 77% des hauts fonctionnaires. Le dossier "est accablant", a lui-même déploré Heiko Maas, le ministre de la Justice. Sur les 170 hauts fonctionnaires qui ont dirigé son ministère de 1949 à 1973, 53% avaient été membres du parti nazi, arrivé au pouvoir en Allemagne en 1933. La proportion est même montée jusqu`à 77% lors de l`année 1957. "Avec autant d`employés concernés, cela a forcément eu des conséquences profondes", a estimé l`historien Manfred Görtemaker, des auteurs de l`étude.
Le système "s`est autoamnistié". Une des premières conséquences de cette présence importante d`anciens encartés nazis : la poursuite rendue difficile des anciens criminels de guerre. Pour Manfred Görtemaker, le système s`est ainsi "auto-amnistié". Deuxième conséquence, le ministère de la Justice a adopté durant cette période des mesures favorables à l`oubli des années sombres de la Seconde guerre mondiale durant lesquelles des millions de personnes ont été déportées et exterminées dans des camps. Le dossier "Rosenburg" avance l`exemple de la loi sur les infractions datant de 1968, qui a prescrit de manière rétroactive "des milliers, peut-être 10.000" cas de complicité de crime nazi.
Pas d`enquête du côté de la chancellerie. Le ministère de la Justice en menant cette enquête interne a pris pour modèle le ministère des Affaires étrangères qui avait fait de même il y a six ans. Et si le ministère de l`Intérieur ou des Finances préparent actuellement leur propre investigation, la Chancellerie, elle, n`a encore rien entrepris. Pourtant, "aujourd`hui aussi, il existe des dangers pour l`humanité et la liberté contre lesquels les juristes doivent s`opposer dans leurs fonctions", a jugé le ministre allemand issu du SPD.
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