Selon les chiffres quasi-définitifs de 1.979 bureaux de vote sur 1.996, diffusés aujourd`hui par la Commission électorale, l`Union des paysans et des Verts (LPGU, centre) obtient 21,64% des voix, soit 20 sièges, suivie par le parti conservateur avec 21,60% des suffrages (19 sièges). Les sociaux-démocrates, qui sont au pouvoir depuis 2012, arrivent en troisième position avec 14,45% des voix (13 sièges), un coup dur pour le Premier ministre Algirdas Butkevicius. Soixante-dix députés, sur les 141 que compte le Sejmas sont élus à la proportionnelle, tandis que 71 le sont au scrutin uninominal, le deuxième tour ne concernant que ces derniers.
Trois autres partis politiques franchissent le seuil des 5% et auront des sièges au Parlement, mais l`une des formations membres de la coalition tripartite sortante, le Parti du Travail, ne recueille que 4,7% des suffrages et devra quitter le Parlement. Ce résultat laisse entrevoir des pourparlers compliqués pour constituer une coalition. Un analyste de l`université de Vilnius, Mazvydas Jastramskis, pense que de tels contacts commenceront entre les deux tours - le second est prévu pour le 23 octobre -, mais qu`il est peu probable qu`un accord intervienne avant qu`on ne connaisse le résultat final.
Vote de protestation
Si rien n`est encore joué officiellement, la présidente de la République et les chefs des partis d`opposition ont d`ores et déjà exprimé leur satisfaction. "Il est évident que les gens ont voté pour les changements et contre la coalition (au pouvoir) noyée dans les scandales. Les citoyens ont dit clairement ce qu`ils pensent du gouvernement actuel", a ainsi commenté Mme Dalia Grybauskaite, le chef de l`Etat.
"C`est une grosse défaite pour les partis au pouvoir. Les Lituaniens veulent des changements", a dit de son côté le dirigeant du parti conservateur Gabrielius Landsbergis, sans cacher qu`il ambitionnait de devenir, à 34 ans, le plus jeune Premier ministre de l`UE.
"C`était un vote de protestation contre la coalition au pouvoir", a expliqué à l`AFP Ramunas Vilpisauskas, directeur de l`Institut des relations internationales et des sciences politiques à Vilnius.
Pour lui, le code du travail, qui rend plus faciles les embauches et les licenciements, ainsi que des soupçons de corruption, ont découragé des électeurs de gauche, déjà mécontents des bas salaires et des départs massifs de travailleurs vers l`Europe de l`Ouest. Quelque 50% des 2,5 millions des électeurs se sont déplacés aux urnes, selon la Commission électorale.
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