Selon une étude, la justice allemande a employé massivement d`anciens nazis
L`apogée a été atteint en 1957, lorsque 77% des cadres dirigeants de l`administration judiciaire étaient d`ex-membres du NSDAP, selon les résultats de cette étude baptisée Dossier Rosenburg, du nom du bâtiment qui a abrité à partir de 1950 le ministère de la Justice à Bonn, alors capitale de la République fédérale d`Allemagne, pays sur lequel porte l`étude.
Influence
Cette présence massive d`ex-nazis dans l`appareil judiciaire explique en partie pourquoi l`Allemagne a été très lente pour juger les crimes commis sous le régime hitlérien. Ce n`est que ces dernières années que ce type de procès se multiplient, des décennies après la chute du IIIe Reich.
Sur les 170 personnes qui, entre 1949 et le début des années 70, ont occupé des postes de direction au sein du ministère, 90 appartenaient au NSDAP, a indiqué sur la radio publique Deutschlandfunk l`ex-ministre de la Justice Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, qui a initié ce rapport en 2012.
Trente-quatre d`entre eux ont même appartenu aux milices SA, les Sections d`assaut du parti nazi, poursuit Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, qui explique cette présence massive par la nécessité de recourir à des cadres expérimentés pour reconstruire l`appareil judiciaire.
«Nous ne nous attendions pas à ce que ce chiffre soit aussi élevé», a reconnu Christoph Safferling, alors que les études menées au sein des ministères de l`Intérieur ou des Affaires étrangères n`ont pas fait état d`un recyclage d`anciens nazis aussi massif.
«Les juristes de l`époque nazie ont continué à couvrir les anciennes injustices et à protéger leurs anciens camarades plutôt que de chercher à les dévoiler», a dénoncé Heiko Maas dans le Süddeutsche Zeitung.






