Korsia, qui va fêter ses 53 ans cette année, n’est pas le seul à cette fonction à faire usage des médias sociaux pour communiquer avec le public. Le Grand Rabbin d’Angleterre Ephraim Mirvis, par exemple, détient le compte Twitter @chiefrabbi ainsi que l’URL chiefrabbi.org.
Mais Korsia, qui doit affronter actuellement l’un des climats européens les plus hostiles à l’égard des Juifs depuis la Seconde Guerre mondiale, s’est tourné vers Facebook et Twitter pour aborder le problème.
Depuis sa nomination en tant que Grand Rabbin de France, les Juifs français ont subi une recrudescence des actes d’antisémitisme – avec en 2015 une moyenne de deux par jour, selon les chiffres du Service de Protection de la Communauté Juive (SPCJ).
Et comme cela a été largement rapporté, certaines de ces agressions ont été meurtrières, avec notamment la prise d’otage de sept heures qui a eu lieu à l’Hyper Cacher au mois de janvier 2015 et dont le bilan a été de quatre morts : Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham.
“C’est maintenant le temps de la fraternité”,” avait déclaré Korsia après l’attentat commis contre Charlie Hebdo en janvier 2015.
“Parfois, la seule voie possible est de pénétrer dans la mer Rouge – de reconstruire une nouvelle solidarité, de reconstruire des liens entre les Chrétiens, les Protestants, les Catholiques, les Musulmans, et les Juifs, et de reconstruire l’espérance ».
A cette fin, Korsia est impliqué dans le dialogue interconfessionnel, postant ses apparitions télévisées et offrant ses voeux aux Musulmans pour les jours fériés tels que l’Aid El Kebir sur Twitter.
Jusqu’à présent, dans le cadre de ses responsabilités, il n’a pas reculé face à la nécessité d’aborder les questions relatives à l’éthique juive, appartenant à la fois à la société française et à la halakha (loi juive). Il est également un fonctionnaire de la République dévoué, servant comme aumônier au sein de l’armée française.
Dans une interview accordée au Times of Israel, Korsia a partagé ses points de vue sur les problèmes les plus urgents pour ses coreligionnaires en pleine préparation de Rosh Hashana, alors que lui-même se prépare à aborder une nouvelle année aux plus hautes instances du Judaïsme français.

Comment la communauté juive française a-t-elle été impactée depuis la tragédie à l’HyperCacher ?
Pendant trois jours, les Français ont vécu l’horreur et l’effroi. Ces attentats terroristes coordonnés ont ciblé l’une de nos valeurs les plus chéries, celle de la liberté.
Comme l’ont fait de nombreux citoyens, les Juifs français ont manifesté le 11 janvier pour dénoncer ces actes méprisables, mais plus encore pour afficher leur solidarité avec les familles dans le chagrin et pour réaffirmer collectivement notre engagement envers les valeurs qui définissent la République française, en particulier celles de « Liberté, d’Egalité, de Fraternité ».
Comme le reste de la nation, la communauté juive – dont l’histoire est malheureusement marquée par les drames – est parvenue à guérir, à continuer à vivre, sans jamais oublier ou nier ce que cela implique.
De manière tragique, nous avons eu alors à subir les attaques terroristes les plus meurtrières en France depuis 1945 et la fin de la Seconde Guerre mondiale le 13 novembre [durant l’attentat au Bataclan et dans les terrasses des bars et des cafés en 2015]. Par leur ampleur et par leurs cibles, cela a marqué un tournant sans précédent dans notre histoire récente.
Ces attentats ont détruit un nombre infini de familles qui porteront un deuil éternel. Toutefois, les terroristes n’ont pas altéré le sentiment d’appartenance à la communauté nationale – c’est complètement le contraire – ce qui a transparu à travers les très nombreuses expressions de sympathie.
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