Le cas de l`usage "non mortel" des armes au sein des couples
Constatant que les armes à feu reviennent très régulièrement dans les cas d`homicide au sein des couples outre-Atlantique, Susan Sorenson, professeur à l`Université de Pennsylvanie et l`une des principales auteures de l`étude, a souhaité se pencher sur la question de leur usage "non mortel" par les hommes sur leurs partenaires.
"Ce qui avait été produit jusqu`alors en termes d`études se focalisait sur les morts des femmes. Cette recherche se concentre sur leur survie", face aux armes à feu de leur partenaire, explique-t-elle.
Comme le rappelle le site The Trace, qui relaye l`étude, 473 femmes ont été tuées par balles par leur mari ou compagnon aux Etats-Unis, en 2013, dernière année pour laquelle existent des statistiques nationales sur la question. Par ailleurs, la présence d`une arme au sein d`un foyer où il existe une situation de couple conflictuelle augmente le risque d`homicide de 500%.
Le "contrôle coercitif" par l`arme à feu
Mais comme l`explique l`étude, une arme n`a pas forcément à être enclenchée pour jouer un rôle majeur dans une situation d`abus au sein du couple. "Si le pistolet est utilisé pour menacer, il peut créer un environnement intimidant, et ce de façon durable. Ainsi, il peut faciliter la situation d`abus physique, au même titre que les violences sexuelles et psychologiques", explique Susan Sorenson.
Une configuration que les chercheurs appellent le "contrôle coercitif": quand un homme braque son arme sur sa partenaire, ce n`est pas la peur immédiate qui est la plus traumatisante pour elle. Mais plutôt le fait de savoir qu`il pourra recommencer, et que la situation pourrait dégénérer en bain de sang d`un moment à l`autre. Des situations que, par peur ou espoir que tout s`arrête, la plupart des femmes ne dénoncent pas.
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