Johannesburg: heurts entre policiers et étudiants
"Il y a eu des tentatives de perturber les cours à Wits aujourd`hui. La police disperse actuellement les étudiants avec des gaz lacrymogène et des grenades assourdissantes", a indiqué l`université dans un communiqué.
Plusieurs policiers et étudiants ont été blessés lors de ces heurts, selon des images diffusées par la chaîne de télévision sud-africaine ANN7.
"L`université veut nous arrêter au lieu de nous écouter", s`est indigné un étudiant en droit, Patrick Shabalala, 21 ans. "Nous voulons étudier et ne pas avoir à rembourser des prêts sans fin au gouvernement. C`est la raison pour laquelle on manifeste", a-t-il expliqué à l`AFP.
"Nous avons des examens très bientôt, mais si on ne se bat pas, on aura le même problème l`an prochain", a estimé une autre manifestante, Phelokazi Caluza.
Le 19 septembre, le gouvernement sud-africain avait donné son aval à une augmentation des frais universitaires limitée à 8%, soit une hausse supérieure à l`inflation annuelle de 6%. Cette décision a déclenché de nouvelles manifestations sur les campus, un an après un mouvement similaire qui s`était soldé par un gel des frais universitaires pour 2016.
Lundi, le président sud-africain Jacob Zuma a prévenu que la police avait reçu l`ordre "d`arrêter ceux qui profitent des doléances sincères des étudiants pour commettre de graves infractions sur les campus".
"Les problèmes de financement de l`éducation ne peuvent pas justifier la violence et les destructions de biens", a-t-il insisté.
Les manifestants réclament une éducation gratuite pour tous, conformément, selon eux, à la Charte sud-africaine des libertés.
La plupart des exigences de ce document clé - adopté pendant l`apartheid en 1955 par le Congrès national africain (ANC), aujourd`hui au pouvoir - sont incluses dans l`actuelle Constitution du pays.
Mais l`interprétation de la Charte varie. L`ANC affirme ainsi qu`elle ne prévoit pas en tant que telle l`éducation gratuite pour tous, mais seulement pour les "pauvres".
Elle "stipule que l`enseignement universitaire (...) doit être ouvert à tous avec des aides d`Etat et des bourses sur la base du mérite", a déclaré lundi le secrétaire général de l`ANC, Gwende Mantashe.
Le gouvernement s`est engagé à prendre en charge pour 2017 l`augmentation des frais universitaires pour tous les étudiants issus de foyers gagnant moins de 600.000 rands par an (40.000 euros).






