L’ancien chancelier Helmut Schmidt est mort
Selon le docteur Heiner Greten, interrogé mardi par le Hamburger Abendblatt, c’était « sa volonté et celle de sa famille » de rester « dans un environnement familier » plutôt que de subir une nouvelle hospitalisation.
Fumeur invétéré, équipé d’un pacemaker depuis 1981, Helmut Schmidt avait été victime d’un infarctus en 2012 et avait subi un pontage coronarien. Chancelier en 1974 après la démission de l’autre grande figure de la social-démocratie allemande, Willy Brandt, Helmut Schmidt avait été reconduit en 1976 et 1980.
Inflexible face à la violence du groupe d’extrême-gauche « Fraction Armée rouge » (RAF), homme des réformes sociales et de la détente avec l’Est, le « chancelier de fer » avait été le premier à dénoncer le déploiement des fusées soviétiques SS-20, en 1977, et à prôner celui des euromissiles de l’OTAN.
Européen convaincu, il avait critiqué la manière dont son successeur Helmut Kohl avait conduit l’unification de l’Allemagne. Helmut Schmidt a aussi été le « père », avec l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, du système monétaire européen (SME).
Retiré de la vie politique depuis plus de 30 ans, il contribuait encore récemment aux débats politiques et intellectuels de son pays, essaimant les petites phrases drôles ou piquantes. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, il a été éditeur (1983) puis directeur (1985-1989) de « Die Zeit », l’un des plus prestigieux hebdomadaires allemands.
Sur Twitter, Jean-Claude Juncker a rendu hommage à « un homme particulier, dont le courage politique a changé beaucoup de choses ».






