Obama inaugure un musée pour mieux comprendre l`histoire afro-américaine

  25 Septembre 2016    Lu: 544
Obama inaugure un musée pour mieux comprendre l`histoire afro-américaine
Barack Obama a inauguré samedi le musée de l`histoire afro-américaine à Washington, symbole de la place centrale des Noirs aux Etats-Unis, dans l`espoir qu`il servira de trait d`union dans un contexte racial tendu.
Des milliers de personnes, en écrasante majorité des Noirs, ont convergé des quatre coins de l`Amérique pour assister à l`ouverture du musée national de l`histoire et de la culture afro-américaine (NMAAHC), situé sur le National Mall, cette immense coulée verte à deux pas de la Maison Blanche.

Une série de concerts au ton engagé, dénonçant le racisme et les brutalités policières, a accompagné l`inauguration.

"Le musée de l`histoire afro-américaine n`est pas séparé de l`histoire plus large de l`histoire américaine, ce n`est pas le côté caché de l`histoire américaine, c`est central à l`histoire américaine", a assuré le premier président noir des Etats-Unis, sous l`ovation du public et les applaudissement d`un parterre de responsables politiques.

"Nous ne sommes pas un fardeau ou une tache pour l`Amérique (...) Nous somme l`Amérique", a-t-il lancé, sur l`esplanade du musée, un imposant bloc ultra-moderne et paré de bronze.

Le candidat à la présidentielle Donald Trump, qui peine à séduire les électeurs noirs et a tenu des propos controversés sur les tensions raciales, a jugé lui aussi le musée "magnifique" et salué "la contribution incroyable" des Noirs à leur pays.

Le NMAAHC, un projet centenaire enfin finalisé, rassemble des milliers d`objets racontant l`histoire des Noirs, de l`esclavage à l`accès aux droits civiques en passant par la ségrégation, ainsi que leurs contributions dans la culture, le sport et la société.

"Je me sens fière" au moment d`assister à ce moment historique, "en raison des sacrifices que tant de personnes ont consentis pour que cela se produise", a confié à l`AFP Karmello Colman, une Noire d`une soixantaine d`années venue de Kansas City, dans le Missouri.

Celle qui assure "être dans le déni depuis plusieurs mois" lorsqu`elle pense au mandat de Barack Obama arrivant à son terme en janvier prochain, attendait de ce dernier qu`il évoque "les questions qui nous affectent aujourd`hui, comme la division raciale, les relations entre police et communauté" noire.

Seul un "battement de cil" nous sépare du passé esclavagiste de l`Amérique, a rappelé le pensionnaire de la Maison Blanche. "C`était seulement hier et donc nous ne devons pas être surpris que toutes les plaies ne soient pas refermées."

- `Aider à nous voir` -

"Mais ce musée nous montre que même face à l`oppression, même face à une difficulté inimaginable, l`Amérique est allée de l`avant", a-t-il insisté.

En plein regain de tensions raciales, il a assuré que le musée "procure un contexte pour les débats de notre époque". "Il les éclaire, et donne une idée de comment ils ont évolué. Et peut-être en donne la proportion. Il peut, peut-être, aider un visiteur blanc à comprendre la souffrance et la colère de manifestants, dans des endroits tels que Ferguson et Charlotte", deux villes théâtres d`émeutes après la mort d`un Noir tué par la police, en 2014 et ces derniers jours à Charlotte.

"Ce musée peut nous aider à nous parler. Et plus important, à nous écouter et encore plus important à nous voir", a énuméré Barack Obama après avoir multiplié les anecdotes et récits sur la vie des Noirs aux époques esclavagiste et ségrégationniste, rappelant à plusieurs reprises le chemin parcouru.

Venu de New York pour l`occasion, Derek Jones, un Noir de 50 ans -- qui en paraît vingt de moins -- a reconnu que "la lutte raciale va continuer tant que l`on ne s`attaquera pas au problème à bras le corps".

Mais "une occasion comme celle-là peut montrer le chemin vers la cicatrisation", a-t-il assuré à l`AFP.

Pour inaugurer le musée, Barack Obama a invité les quatre générations vivantes d`une famille noire, descendante d`esclave, avec qui il a sonné la cloche de l`ouverture, main dans la main.

"L`Amérique est le seul endroit au monde", s`est-il réjoui, "où cette histoire peut se produire".


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