Ecoutes téléphoniques, surveillance sur internet: la Suisse veut moderniser ses espions

  23 Septembre 2016    Lu: 519
Ecoutes téléphoniques, surveillance sur internet: la Suisse veut moderniser ses espions
Jusqu`à présent, les services secrets suisses n`avaient le droit de collecter des informations que sur le domaine public ou si elles étaient disponibles auprès d`autres autorités
Ecoutes téléphoniques, surveillance des envois postaux, d`internet et des réseaux câblés... Autant de nouveaux moyens de surveillance que les James Bond suisses du XXIe siècle pourront utiliser si les Suisses acceptent dimanche la nouvelle loi sur le renseignement, soumise à référendum.
Jusqu`à présent, les services secrets suisses n`avaient le droit de collecter des informations que sur le domaine public ou si elles étaient disponibles auprès d`autres autorités.

La nouvelle loi, qui devrait être acceptée par 53% à 58% des Suisses d`après les derniers sondages, permettra au service de renseignement, si la gravité d`une menace concrète le justifie, d`écouter, d`enregistrer, et d`analyser les activités et communications privées téléphoniques et sur internet.

Les services secrets suisses pourront aussi intercepter toutes les communications internationales qui transitent par la Suisse via le réseau câblé.

Ces mesures seront soumises à des contrôles politiques et du Tribunal administratif fédéral.

"Avec cette loi, on passe de la cave et on monte au rez-de-chaussée en comparaison internationale", a expliqué le ministre de la Défense suisse, Guy Parmelin, en conférence de presse.

Pas question pour autant d`établir une surveillance de masse, souligne-t-il. Pour les autorités, l`objectif est de surveiller préventivement les individus les plus dangereux, en particulier en matière de terrorisme.

De telles mesures de surveillance ne seront nécessaires que dans une dizaine de cas par an, selon Berne.

La loi avait été votée par le Parlement en 2015, mais un référendum a été lancé par une alliance formée du Parti socialiste, des Verts et d`organisations comme le Parti Pirate qui craignent la naissance d`un "Etat fouineur" presque 30 ans après le "scandale des fiches".

En 1989, les Suisses avaient en effet appris avec stupeur que 900.000 d`entre eux étaient fichés par la police en fonction de leurs opinions politiques, syndicales et autres.

A la suite de ce scandale, les activités de fichage de la police avaient été réduites, plus sévèrement règlementées et rendues plus transparentes.

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