Enquête sur les propos haineux d`une prof

  11 Août 2016    Lu: 403
Enquête sur les propos haineux d`une prof
«Les juifs sont un symptôme», «Merah n’a jamais tué personne», «Les frères Kouachi pareil».
Depuis plusieurs mois, une enseignante en langues du lycée parisien Janson-de-Sailly déverse ces propos sur Facebook. Cette enseignante donne des cours en classe prépa dans cet établissement réputé du 16e arrondissement de la capitale. Chaque fin d’année, elle ajoute certains anciens élèves en ami sur le réseau social. Le Canard Enchaîné, dans son édition du 27 juillet, révélait la nature de ces propos. Mardi, L’Obs a eu accès à ces publications, entre antisémitisme et complotisme.

Anti-juifs, pro-Trump

La majorité des publications de cette enseignante concerne les Juifs. Pour elle, François Hollande est «un juif qui a profité de son appartenance à la communauté pour monter en politique et se renie maintenant», écrivait-elle le 10 mars 2016. Pourtant, dans ce même statut, elle se modère. «Qu’on ne touche pas un cheveu de la tête d’un juif. Je n’ai pas de querelle avec eux.» Un autre jour, elle va plus loin. «Les juifs ne sont pas le problème, ils sont un symptôme. Le travail doit aller bien au-delà de la neutralisation de leur influence indue».

Elle relaie les publications de l`essayiste Alain Soral, condamné pour des propos antisémites ou encore des photos du geste de la quenelle, popularisé par le polémiste Dieudonné. «Marre et archi marre des célébrations à n’en plus finir de la libération des camps de concentration», peste-t-elle une autre fois.

Concernant les élections américaines, l’enseignante penche pour Donald Trump. Selon elle, le milliardaire est un «génie envoyé par Dieu». «Nos petits bouffons français qui obéissaient jusque-là aux consignes de l’AIPAC, le lobby juif américain, celui qui soutient cette saleté d’Hillary Clinton, doivent commencer à se poser des questions», estime-t-elle.

Cette professeure fait aussi l’apologie de la théorie du complot. Ainsi le 11 mars 2013, un an après les tueries de Toulouse et Montauban, elle publiait un mystérieux statut en anglais «Ne pas oublier et ne pas pardonner l’assassinat de Mohammed Merah.» Sept jours plus tard, elle s’explique. Selon elle, le terroriste n’a jamais tué personne. «C’était un petit kéké de banlieue repéré et manipulé par les services secrets à des fins politiques.» Le 7 janvier 2015, juste après les attentats de Charlie Hebdo, elle évoquait les frères Kouachi, les jugeant «commandités par des Etats dits occidentau’», Les responsables de la tuerie seraient ainsi des «militaires pros».

Provocation ou tentative de propagande ? Un de ses anciens élèves, interrogé par L’Obs, fait état d’une femme à la double personnalité, tantêt «conciliante», tantôt «virulente». Un autre assure «qu’elle n’a jamais eu aucun mot de travers», la décrivant comme une personne «très intelligente» qui «cherche à provoquer». L’enseignante fait désormais l’objet d’une enquête par le ministère de l’Education. Objectif : «établir la véracité des faits et vérifier s’il y a eu propagande envers un certain nombre d’élèves». Conclusions prévues pour la rentrée.

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