L`ultime manifestation. Ce "rassemblement de la démocratie et des martyrs", organisé sur la grande esplanade de Yenikapi, au bord de la mer de Marmara, doit parachever trois semaines de manifestations nocturnes des partisans du chef de l`Etat sur les places de nombreuses villes du pays. "La démocratie triomphe, les places appartiennent aux peuples", pouvait-on lire dans la nuit de samedi à dimanche sur des tracts distribués dans les boîtes aux lettres détaillant les services de transport gratuits par ferry, bus ou métro pour accéder à la manifestation.
Le président Erdogan a invité les dirigeants des partis laïque et nationaliste, qui affichent leur soutien au gouvernement depuis le putsch manqué et partagent la même détestation du mouvement Hizmet du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d`avoir fomenté la tentative de coup d`Etat. "La seule manière d`éliminer les coups d`Etat est de raviver les valeurs de la République. Ces valeurs qui font notre unité devront être exprimées avec force à Yenikapi", a déclaré sur son compte Twitter Kemal Kilicdaroglu, le chef de file du parti laïque CHP (Parti républicain du peuple, opposition).
Des milliers de militaires démis de leurs fonctions. La brutalité du putsch avorté du 15 juillet, qui a fait plus de 230 morts, a choqué un pays où la dernière tentative de coup d`Etat remontait à 1980. Même les adversaires d`Erdogan, qui dénoncent son autoritarisme, préfèrent le voir se maintenir à la présidence que de connaître un nouveau coup d`Etat, comme ceux qui ont rythmé l`histoire du pays dans la seconde moitié du XXe siècle. L`union nationale pourrait toutefois ne pas durer.
L`opposition s`interroge déjà sur le fait de savoir si la restructuration en cours de l`armée, qui se fait sans droit de regard du parlement, ne va pas trop loin. Des milliers de militaires, dont 40% de généraux, ont été démis de leurs fonctions. Au total, plus de 60.000 militaires, magistrats, fonctionnaires ou enseignants ont été interpellés, suspendus ou font l`objet d`enquêtes judiciaires.
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