Mais en fait, ces documents montrent que le président américain et son personnel de sécurité nationale jouent un rôle central dans le choix des cibles des attaques menées par l`armée et la CIA à l`extérieur des Etats-Unis.
Ces documents, partiellement censurés, font un peu plus de lumière sur la machine bureaucratique de tuerie à l`échelle mondiale pratiquée par l`agence d`espionnage américaine et l`armée américaine, que Barack Obama va bientôt confier à son successeur.
Ces "Instructions de politique présidentielle" (PPG, en anglais) montrent que le personnel du Conseil de sécurité nationale américain (NSC) opère en tant qu`organe de contrôle sur "tous les plans opérationnels", dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. C`est aussi le Conseil de sécurité nationale qui émet des directives juridiques, à chaque fois que les représentants de divers organismes se réunissent pour discuter d`une opération d`assassinat.
Le "manuel" donne cependant très peu de détails sur la façon dont sont définies les cibles de grande importance (HVT, selon l`acronyme anglais).
Et toujours selon l`agence France Presse, ce document de 18 pages lève le voile sur le fait que les "mesures, y compris les assassinats contre des cibles terroristes désignées, devront être aussi sélectives et précises qu`il est raisonnablement possible".
"La note précise qu`en l`absence de circonstances extraordinaires, une frappe de drone sur une cible de haute importance ne sera effectuée que s`il existe la quasi-certitude qu`aucun civil ne sera tué. Elle affirme que les Etats-Unis doivent respecter la souveraineté d`autres nations en délibérant de telles frappes de drones", indique l`AFP.
Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, Ned Price, a souligné que le PPG offre une protection des civils qui dépasse les exigences du droit de la guerre. La quasi-certitude que la cible est présente et que des non-combattants ne seront pas tués est le plus haut critère que nous puissions fixer, a-t-il dit.
Le PPG apporte aussi des informations cruciales à propos de politiques qui ont mené à la mort de milliers de personnes, y compris des centaines de non-combattants", a déclaré dans un communiqué le directeur juridique adjoint de l`ACLU, Jameel Jaffer.
L`administration Obama a fourni le mois dernier une estimation des victimes des 473 frappes effectuées entre 2009 et 2015 en dehors des principales zones de conflit. Des responsables ont affirmé qu`entre 64 et 116 civils, et jusqu`à 2.581 combattants, avaient été tués dans les frappes. Mais leurs détracteurs ont continuellement affirmé que le gouvernement sous-estimait les morts civiles, précise l`AFP.
Chaque proposition d`action est sujette à un examen légal avant d`être soumise au Conseil de sécurité nationale, puis au président. Barack Obama doit personnellement approuver les projets de frappes hors des zones de conflit dans lesquelles les Etats-Unis sont officiellement engagés. De telles zones incluent le Pakistan, la Libye, la Somalie et le Yémen. Les frappes dans des théâtres d`opérations comme l`Irak, la Syrie et l`Afghanistan sont contrôlées par les forces armées, ajoute la même source.
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