Après les jeux paralympiques, l`athlète Marieke Vervoort envisage l`euthanasie

  03 Août 2016    Lu: 893
Après les jeux paralympiques, l`athlète Marieke Vervoort envisage l`euthanasie
Après les Jeux de Rio, l`athlète belge Marieke Vervoort mettra un terme à sa carrière et... peut-être à sa vie. Elle envisage très sérieusement l`euthanasie.
Marieke Vervoort fait partie de ces athlètes paralympiques, inconnus du grand public, qui réalisent l`exploit chaque jour. Sa maladie dégénérative, qui paralyse ses jambes et lui cause de terribles souffrances, n`empêche pas la Belge d`avoir une carrière de sportive de haut niveau, au palmarès marqué par trois titres mondiaux en course en fauteuil roulant.

« Quand je m`assieds dans mon fauteuil de compétition, tout disparaît, confiait la sportive, son regard gris déterminé planté dans les yeux du journaliste de France 2. J`expulse toutes les idées noires, je boxe la peur, la tristesse, la souffrance, la frustration. C`est comme ça que je remporte les médailles d`or. »

La dernière en date : celle des jeux de Londres, en 2012, sur le 100 mètres chaise. Mais aussi l`argent, en 200 mètres. Et un triplé de championne du monde à Doha, l`année précédente (100m, 200m, 400m). Et puis quatre records du monde, en 400, 800, 1 500 et 5 000 mètres (catégorie T52).

A Rio de Janeiro, où les Jeux paralympiques se tiendront du 7 au 18 septembre, les roues de Marieke Vervoort fileront sur le 100 mètres et le 400 mètres. « Il y a une chance de médaille, mais ce sera très dur, car la concurrence est très forte », estime l`athlète, interviewée par RTL.

Le Brésil sera la dernière étape de « Wielemie » (« La roue et moi » en français), comme la surnomment les Belges. L`athlète a annoncé samedi, à 37 ans, qu`elle mettrait fin à sa carrière après ces Jeux. « Rio est mon dernier souhait. Je m’entraîne très dur même si je dois lutter jour et nuit contre ma maladie (...). J’espère finir ma carrière sur un podium à Rio », a-t-elle déclaré à L`Avenir.

« L`entrainement est ma seule raison de vivre »

« Après, nous verrons bien ce que la vie m’apportera et j’essayerai de profiter des meilleurs moments» ,élude-t-elle. Son corps la trahit, il lui devient de plus en plus difficile de s`entraîner. « C`est très dur de constater, année après année, ce que je ne peux plus faire.» Impossible de continuer le basket, le golf, l`escrime, le surf, le triathlon, la plongée ou le golf, tous ces handisports que Marieke Vervoort a testé. « J`espère qu`elle va tenir le coup jusqu`à Rio, parce que je vois ses capacités physiques se dégrader », s`inquiète l`une de ses amies.

Le sport de haut niveau, sa seule raison de vivre

L`hyperactive sait qu`en terminant sa carrière, elle abandonne sa « seule raison de vivre ». Le sport de haut niveau lui permet de survivre au mal, orphelin et incurable, qui la poursuit depuis ses 14 ans. L`athlète envisage l`euthanasie, légale en Belgique, à condition de réunir l`accord écrit de trois médecins. Les papiers sont prêts. Et l`enterrement, imaginé : pas d`église, pas de gâteaux. « Je veux que tout le monde ait une coupe de champagne à la main, et une pensée pour moi. »

« Tout le monde me voit rire avec ma médaille d`or, mais personne ne voit la face sombre, confie-t-elle. Je peux souffrir énormément, parfois ne dormir que dix minutes par nuit, et quand même aller chercher l`or. » Plusieurs fois par jour, la blonde platine revient de ses évanouissements grâce à sa chienne qui lui lèche le visage jusqu`à son réveil. Quand le soleil se couche, la douleur ne s`endort pas et provoque les hurlements de souffrance de Marieke Vervoort. « Et je dois continuer à m`entraîner, affirme la native de Diest, au coeur de la Belgique flamande. Pour les autres, s`entraîner c`est normal. »

A d`autres malades et paralysés qu`elle rencontre, la battante assène : « ça ne sert à rien de se plaindre ». « Regardez ce que vous pouvez encore faire, et constatez comme vous êtes riches. » Marieke Vervoort sait qu`elle peut encore participer aux Jeux de Rio. Et viser le podium, une dernière fois.

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