`La Crimée est russe, passons à autre chose`, pour des parlementaires français

  01 Août 2016    Lu: 767
`La Crimée est russe, passons à autre chose`, pour des parlementaires français
Un an après un voyage très controversé dans cette partie de l`Ukraine annexée en 2014 par la Russie, le député Les Républicains Thierry Mariani et sa délégation favorables à cette annexion sont retournés sur place. L`occasion de faire quelques déclarations fracassantes.
C`est une affirmation qui ne manquera pas de faire réagir. Le député français de droite Thierry Mariani, à la tête d`une délégation parlementaire en Crimée critiquée par Kiev, a appelé ce dimanche les Européens à reconnaître l`annexion par la Russie de la péninsule ukrainienne, où "les gens ont un air joyeux".

"La Crimée a choisi de redevenir russe, la Crimée est russe, passons à autre chose et essayons de retrouver des relations normales entre les pays européens et la Russie", a déclaré Thierry Mariani depuis Sébastopol, dans une déclaration retransmise à la télévision.
"J`ai trouvé une région qui changeait, les routes sont meilleures que l`année dernière", a-t-il souligné. "Je regrette qu`il n`y ait pas plus de journalistes occidentaux qui viennent voir que pour un pays qu`on dit occupé, les gens ont un air joyeux".

Une visite fermement condamnée

Le député du parti Les Républicains est à la tête d`une délégation d`une dizaine de parlementaires français favorables à l`annexion de la Crimée en mars 2014 à l`issue d`un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux. Il est arrivé vendredi dans la péninsule, où il s`était déjà rendu il y an an.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a "condamné fermement cette visite" qui selon lui "viole la législation ukrainienne et le droit international". L`ambassadeur d`Ukraine en France Oleg Chamchour a dénoncé sur Twitter "l`impudeur absolue de ces parlementaires français exhibant leur fascination pour les agresseurs russes".

Une partie de la visite a été consacrée à la situation des Tatars de Crimée, une communauté musulmane autochtone de la péninsule qui subit une forte pression de la part des autorités russes en raison de leur opposition à l`annexion. Plus d`une quinzaine de Tatars ont été arrêtés depuis fin 2015 et leur assemblée, le Medjlis a été qualifié fin avril d`"organisation extrémiste" par la justice russe.

La question des minorités Tatars

Après avoir rencontré les autorités nommées par Moscou, Thierry Mariani a jugé vendredi que leur situation était "en net progrès par rapport aux années passées et notamment par rapport à la période ukrainienne".

"Très sincèrement, c`est une question soulevée par la propagande, je pense qu`il vaut mieux être Tatar en Crimée que Russe en Lettonie", a-t-il estimé.
Interrogée sur le sort de Tatars portés disparus, la procureure générale de Crimée Natalia Poklonskaïa, candidate aux législatives russes du 18 septembre, a assuré aux élus français qu`il existait des disparus de toutes les communautés et que des recherches étaient menées dans tous les cas. Le dirigeant de la Crimée Sergueï Axionov leur a affirmé qu`une partie de ces disparus combattait "en Syrie aux côtés de l`Etat islamique".

"Des vrais alliés qui n`ont pas peur de dire la vérité"

Interrogé par l`Agence France-Presse (AFP), le numéro deux du Medjlis, Nariman Djelial, a dénoncé "un show dans le style du Moulin Rouge". "Je n`arrive pas à comprendre que des parlementaires d`un pays aussi raisonnable que la France applaudissent une comédie de si mauvaise qualité", a-t-il regretté, leur demandant lors de leur prochaine visite de "ne pas se limiter aux rencontres avec les dirigeants et des Tatars loyaux au pouvoir mais de venir voir la maison d`un Tatar enlevé".

Lors de leur visite, les parlementaires français ont pris des selfies avec des habitants et dégusté du vin local que le député Les Républicains Nicolas Dhuicq a jugé "riche en sucre et assez fort", regrettant par ailleurs que les sanctions aient "privé l`Europe des excellents fruits de Crimée".

Sur Facebook, le dirigeant de la Crimée, Sergueï Axionov, a remercié les parlementaires français en visite d`avoir "démontré qu`ils sont de vrais alliés qui n`ont pas peur de dire la vérité".

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