La situation en Turquie est suivie avec beaucoup d’attention au plan international. Le pays est hautement stratégique : influent auprès du monde musulman, au creuset de régions diverses comme le Moyen-Orient, le Caucase, l’Asie centrale et l’Europe, où se jouent des enjeux politiques et économiques, notamment pour les approvisionnements en énergie. La Turquie est l’un des piliers de l’Alliance Atlantique (OTAN) et a ouvert des négociations pour adhérer à l’Union européenne.
L’Union européenne a justement appelé samedi à un « retour rapide à l’ordre constitutionnel en Turquie », dans un communiqué commun du président du Conseil Donald Tusk, de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et de la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini. « Nous continuons à suivre de près les développements et à nous coordonner avec les vingt-huit Etats membres de l’UE », ont-ils écrit depuis la Mongolie, où se tient un sommet entre l’Union et les pays asiatiques.
« L’UE soutient totalement le gouvernement démocratiquement élu, les institutions du pays et l’Etat de droit », ont asséné les dirigeants européens au nom des Etats membres présent au sommet asiatique.
En Europe, le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel est allé dans le même sens que la Maison Blanche sur son compte Twitter, estimant que « l’ordre démocratique doit être respecté » en Turquie : « Tout doit être fait pour protéger les vies humaines. »
Le gouvernement grec « suit la situation » chez son voisin avec « attention et sang-froid », a confié dans la soirée une source gouvernementale à Athènes à l’Agence France-Presse. Selon The Wall Street Journal, une réunion d’urgence de l’état-major est en cours. Un peu plus tôt, le ministère de la défense avait fait savoir que le ministre Panos Kammenos attendait que la situation se clarifie. La chaine publique Ert1 a interrompu ses programmes pour rendre compte en direct des évolutions en Turquie.
La France a réagi tardivement, samedi, vers 4 heures, par le biais d’un communiqué du Quai d’Orsay. Le ministère des affaires étrangères « appelle à éviter toute violence et à respecter l’ordre démocratique ».
De son côté, l’OTAN a appelé au « respect complet » des institutions démocratiques turques.
« Respect des institutions démocratiques »
Même son de cloche côté russe, où le ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov exhorté les acteurs de la crise politico-militaire turque à éviter « tout affrontement meurtrier ». « Les problèmes doivent être résolus dans le respect de la Constitution », a-t-il poursuivi au cours d’une conférence de presse commune avec son homologue américain John Kerry.
A Moscou, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov s’est également exprimé : la Russie est « extrêmement inquiète » de la situation en Turquie, a-t-il déclaré, précisant que le président Vladimir Poutine était « tenu constamment informé » de l’évolution de la situation.
Le président des Etats-Unis Barack Obama est lui aussi informé par ses conseillers de l’évolution de la situation. « Le président continuera à être informé régulièrement », a déclaré Ned Price, porte-parole de l’exécutif américain.
« Les interférences des militaires dans les affaires de n’importe quel Etat sont inacceptables », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans un communiqué. « Il est crucial de réinstaurer le pouvoir civil et l’ordre constitutionnel rapidement et pacifiquement en accord avec les principes de la démocratie », a ajouté M. Ban.
Le ministre des affaires étrangères canadien, Stéphane Dion, a fait part de sa préocupation.
Un diplomate israélien a confié au Monde qu’une cellule de crise était en place au ministère des affaires étrangères.
En Iran, voisin de la Turquie, le chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif, a exprimé samedi la « grande inquiétude » de son pays, a rapporté le site du gouvernement iranien. « Nous exprimons notre grande inquiétude devant les événements qui sont en train de se produire en Turquie. La stabilité, la démocratie et la sécurité des Turcs sont une priorité », a affirmé M. Zarif en soulignant « la nécessité de préserver l’unité » dans ce pays.
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