Ukraine: le Français soupçonné de trafic d`armes refuse de parler aux enquêteurs

  04 Juillet 2016    Lu: 880
Ukraine: le Français soupçonné de trafic d`armes refuse de parler aux enquêteurs
Grégoire M., un Français de 25 ans, a été arrêté le 21 mai dernier alors qu`il conduisait un véhicule avec à l`intérieur des Kalachnikov et des explosifs. Soupçonné de trafic d`armes, pour les autorités ukrainiennes, il préparait des attentats en France.
Les zones d`ombres subsistent un mois et demi après l`arrestation d`un Français de 25 ans par les autorités ukrainiennes à la frontière polonaise. L`homme, soupçonné de trafic d`armes et emprisonné depuis le 21 mai dans une prison de Kiev, a pris la décision de ne pas s`exprimer face aux enquêteurs ukrainiens. Idem face à la justice française.

Un magistrat et deux enquêteurs français viennent tout juste de revenir d`Ukraine, rapporte Le Figaro. Partis le 29 mai, le magistrat de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) et les deux policiers ont rencontré Grégoire M., sans que ces entretiens soient fructueux. "Je n`ai rien à déclarer", s`est-il contenté de dire. Le magistrat parle lui d`"un homme très buté" qui lui a semblé "extrêmement obstiné".

Un enregistrement audio

En Ukraine, Grégoire M. est poursuivi pour contrebande, assistance à une organisation criminelle et usage illicite d`armes. Lors de son arrestation, le 21 mai, des Kalachnikov, trois lance-roquettes et 125 kilogrammes de TNT, un puissant explosif, avaient été retrouvés. Une interpellation menée après six mois d`enquête. Le Français avait attiré l`attention des services ukrainiens après avoir "indiqué à plusieurs personnes qu`il cherchait à se procurer des armes", commente le parquet de la JIRS.

Kiev soupçonne également le jeune homme d`avoir préparé une quinzaine d`attentats en France pendant l`Euro 2016. Les enquêteurs ont écouté l`intégralité d`un enregistrement audio du Français dans lequel ce dernier dénoncerait la politique migratoire actuelle de la France, la diffusion de l`Islam et la mondialisation. Selon les renseignements ukrainiens, il se préparait à viser une mosquée, une synagogues et des centres d`impôts.

"Salarié irréprochable"

Paris préfère rester prudente. "Nous avons entendu l`intégralité de cet enregistrement, dont des extraits ont été diffusés, mais il nous faut encore l`expertiser et le récupérer", indique au Figaro une source judiciaire. Par ailleurs, pour l`heure, seule la JIRS a été saisie, juridiction compétente en matière de lutte contre la criminalité en bande organisée, concernant l`enquête sur ce Français habitué à faire des allers-retours entre la France et l`Ukraine.

Après son interpellation, une perquisition menée au domicile du Français à Nant-le-Petit, un village de la Meuse de 80 habitants, n`a "rien révélé de particulier" hormis un t-shirt siglé d`un groupe d`extrême droite. Il travaillait comme inséminateur pour la coopérative Elitest à Brumath où il est décrit comme "un salarié irréprochable".

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