Un magistrat et deux enquêteurs français viennent tout juste de revenir d`Ukraine, rapporte Le Figaro. Partis le 29 mai, le magistrat de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) et les deux policiers ont rencontré Grégoire M., sans que ces entretiens soient fructueux. "Je n`ai rien à déclarer", s`est-il contenté de dire. Le magistrat parle lui d`"un homme très buté" qui lui a semblé "extrêmement obstiné".
Un enregistrement audio
En Ukraine, Grégoire M. est poursuivi pour contrebande, assistance à une organisation criminelle et usage illicite d`armes. Lors de son arrestation, le 21 mai, des Kalachnikov, trois lance-roquettes et 125 kilogrammes de TNT, un puissant explosif, avaient été retrouvés. Une interpellation menée après six mois d`enquête. Le Français avait attiré l`attention des services ukrainiens après avoir "indiqué à plusieurs personnes qu`il cherchait à se procurer des armes", commente le parquet de la JIRS.
Kiev soupçonne également le jeune homme d`avoir préparé une quinzaine d`attentats en France pendant l`Euro 2016. Les enquêteurs ont écouté l`intégralité d`un enregistrement audio du Français dans lequel ce dernier dénoncerait la politique migratoire actuelle de la France, la diffusion de l`Islam et la mondialisation. Selon les renseignements ukrainiens, il se préparait à viser une mosquée, une synagogues et des centres d`impôts.
"Salarié irréprochable"
Paris préfère rester prudente. "Nous avons entendu l`intégralité de cet enregistrement, dont des extraits ont été diffusés, mais il nous faut encore l`expertiser et le récupérer", indique au Figaro une source judiciaire. Par ailleurs, pour l`heure, seule la JIRS a été saisie, juridiction compétente en matière de lutte contre la criminalité en bande organisée, concernant l`enquête sur ce Français habitué à faire des allers-retours entre la France et l`Ukraine.
Après son interpellation, une perquisition menée au domicile du Français à Nant-le-Petit, un village de la Meuse de 80 habitants, n`a "rien révélé de particulier" hormis un t-shirt siglé d`un groupe d`extrême droite. Il travaillait comme inséminateur pour la coopérative Elitest à Brumath où il est décrit comme "un salarié irréprochable".
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