Angela Merkel refuse donc l`idée que l`Allemagne se décharge sur un partenaire extérieur du coût de la défense. Le mois dernier, le ministre allemand de la Défense, Ursula von der Leyen, a annoncé le premier renforcement des effectifs de l`armée depuis la guerre froide. Au cours des sept prochaines années, quelques 14 300 soldats supplémentaires seront recrutés. Environ 4 400 nouveaux employés civils travailleront à leurs côtés.
Par ces annonces, la chancelière a ainsi officiellement constaté l`impuissance de l`Union européenne en matière de défense commune et le désengagement de l`Allemagne de ce processus. En 2015, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker avait appelé à la création d`une armée européenne unifiée qui, selon lui, devait être destinée à «dissuader» la Russie et à renforcer la solidarité en Europe. «Avec sa propre armée, l`Europe pourrait réagir de façon plus crédible à la menace pour la paix dans un Etat membre ou dans un Etat voisin. Une armée européenne commune transmettrait un message clair à la Russie que nous sommes sérieux au sujet de la défense de nos valeurs européennes», avait-il argumenté.
L`impuissance de l`UE face au «défi» russe, selon l`Allemagne
Bien que la proposition de Juncker ait longtemps été à l`ordre du jour, il n`y a pas eu beaucoup de progrès dans sa mise en œuvre. En juin, le gouvernement allemand a annoncé apporter des modifications à son «Livre blanc», qui décrit la politique de sécurité du pays, en déclarant qu`il considérerait la Russie comme une menace. Alors que le ministère allemand de la Défense a qualifié la Russie non plus de «partenaire», mais de «défi», Moscou a été mis sur la listes des 10 menaces les plus graves pour Berlin.
Ces discours belliqueux à l`égard de la Russie ne semblent néanmoins pas partagé par l`ensemble de la classe politique. La semaine dernière, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a fustigé les exercices militaires de l`OTAN en Europe orientale simulant une riposte à la soi-disant «agression russe» et a déclaré que la confrontation avec Moscou ne ferait que mettre en danger la sécurité européenne. «Au lieu d`aggraver la situation par rodomontades bellicistes, il devrait y avoir plus d`espace pour le dialogue et la coopération avec Moscou», avait-il indiqué.
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