Assertions arméniennes sur les incidents de 1915 du point de vue d`un scientifique allemand

  22 Juin 2016    Lu: 835
Assertions arméniennes sur les incidents de 1915 du point de vue d`un scientifique allemand
"Personne ne parle des musulmans qui ont été massacrés. Les Arméniens ont commis des massacres dans le Caucase avec l’armée russe"

Notre sujet d’aujourd’hui est sur le projet de loi sur les assertions arméniennes concernant les évènements de 1915, adopté par le Parlement allemand



Dans ce contexte, nous allons essayer de vous transmettre les explications et commentaires du scientifique allemand, le Dr. Johannes Henrich. Il figure parmi les fondateurs du Centre de recherches sur l’Europe du Sud-est et le Caucase, fondé en 2006 et il dirige également ce centre.

Question: Monsieur Henrich, comme vous le savez, le Parlement allemand a adopté le projet de loi sur les assertions arméniennes concernant les incidents de 1915. Est-ce une surprise pour vous?

Non, l’adoption du projet de loi en question ne m’a pas surpris. Après celui de l’année dernière, le projet de loi de cette année, préparé sous le leadership du député allemand d’origine turque Cem Ozdemir, a été adopté. Cela ne me surprend pas du tout. Mais c’est une grande déception.

Question: A votre avis, quelle est la raison pour laquelle cette affaire est arrivée à ce stade?

Le Bundestag avait l’intention de considérer les incidents de 1915 comme un “génocide” et de les enregistrer par le biais d’un projet de loi. Ainsi il avouait les responsabilités de l’armée allemande nazie dans l’Empire ottoman durant la Premier Guerre mondiale. A l’époque, de nombreux officiers et généraux nazis dirigeaient les armées ottomanes. On a voulu enregistrer cela dans les archives suivant une initiative entamée par le député d’origine turque des Verts Cem Ozdemir et le député de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne (CDU) Volker Kauder.

Question : Quel était l’objectif du projet de loi adopté par le Bundestag?

Je peux vous donner deux réponses. Selon la réponse officielle, (selon les explications de Kauder), on avait pour objectif avec ce projet de loi de surmonter une question séparant les peuples turc et arménien. Je crois que c’est impossible. Si j’aborde un sujet entre Turcs et Arméniens avec mes préjugés comment puis-je le surmonter? Les intérêts d’un parti et polémiques de force sont cachés derrière cette affaire. Nous observons que l’extrême-droite est en hausse en Allemagne. Le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) est un des représentants de l’extrême-droite. Il s’agit d’une perte de voix chez les Verts. Le CDU perd aussi d’importantes voix. De ce point de vue, ils essayent de se rattraper en lançant des propos anti-réfugiés et anti-Turquie suivant un point de vue populiste. Car le peuple accorde une importance à ces propos. A mon avis, l’objectif de Cem Ozdemir est d’empêcher les électeurs de passer des Verts à l’AfD. C’est pourquoi il a une prise de position anti-Erdogan.

Question: Quels seront les effets de ces développements?

Du point de vue scientifique, cette décision est complètement catastrophique.

On ne permet pas qu’un sujet répétitif ait un résultat scientifique. C’est une décision politiquement honteuse. Quelques milieux obtiendront des voix en discriminant certaines personnes. Une prise de position discriminatoire n’est pas juste. Le mieux serait d’éclairer le sujet de manière juste. La Turquie est un important partenaire de l’Allemagne et elle le restera. Ce serait plus significatif si Cem Ozdemir et Volker Kauder utilisaient leur énergie pour étudier les archives de la Russie, de la France de l’Arménie.

Question: Le président de la République Recep Tayyip Erdogan a exprimé à plusieurs reprises que ce sujet devrait être pris en main par des historiens. Qu’est-ce que vous en dites ?

Ce projet de loi adopté ne peut pas être analysé par des historiens. Car Le Bundestag adopte, comme tous les autres parlements démocratiques, les sujets qu’il juge “justes”. Par exemple; lorsque les forces aériennes allemandes avaient bombardé les camps de l’OTAN durant la guerre de Yougoslavie, le Bundestag a annoncé qu’il ne s’agissait pas d’une attaque. Sinon ce serait contradictoire par rapport à la constitution. Du point de vue du droit d’Etat, les juristes sont tous d’accord, c’est une attaque. Ce que je voudrais dire, c’est que la décision d’un parlement peut ne pas être liée à la vérité. L’important pour les parlements est de donner l’impression d’être en sécurité dans le contexte de son point de vue politique.

Question : Pourquoi choisit-on une telle voie ?

Il faut analyser la psychologie de chaque politicien. Pourquoi les vérités n’intéressent-elles pas les politiciens. J’aime bien certains politiciens et il y en a que je n’aime pas du tout. Le politicien se demande quel sujet doit être porté à l’actualité. Là, c’est un projet de loi sur les assertions arméniennes concernant les incidents de 1915. J’ai étudié ce sujet en long et en large, ce qui m’a permis de découvrir les 200 dernières années de la Turquie.

En Europe, une image bien plus négative de la Turquie a toujours été dépeinte. Cette image nous est parvenue jusqu’aujourd’hui à travers les médias. Par exemple, deux semaines après l’adoption de la résolution, Erich, un collègue, évoquait même des camps de concentration sur le site internet de la chaîne informative allemande N-TV. Ils avancent que les Arméniens étaient rassemblés dans ces camps et qu’ils ont par la suite été tués. Ce ne sont que des mensonges historiques. Il n’y a aucune preuve concernant les camps de concentration. J’ai contacté la personne qui a publié cette version et lui ai demandé de préciser les sources concernant ces camps de concentration, mais je n’ai jamais reçu de réponses.

Question: Vous aviez indiqué avoir travaillé plus de dix ans sur ce sujet. Quel est votre point de vue ? Quelles sont les réalités historiques ?

Je ne peux que résumer le sujet pour cette émission radio. Dans ce contexte, de nombreuses violations des droits de l’homme contre l’Empire ottoman ont eu lieu. Les héritiers légaux des Ottomans, la nation turque, doit en être consciente. On parle de 600 à 800 000 Arméniens tués, selon les estimations. Mais je tiens à diriger une accusation contre les scientifiques occidentaux, contre l’Allemagne et les médias. Personne ne parle du même taux approximatif de musulmans qui ont été massacrés. Les Arméniens ont commis des massacres dans le Caucase avec l’armée russe. Lorsque l’on regarde du point de vue de la Turquie, nos frères azerbaïdjanais ont été massacrés. Les Turcs ne pouvaient pas l’ignorer. Car les Turcs et les Azerbaïdjanais sont des peuples frères. Pareillement, avec le soutien des Russes, les Arméniens, les Arméniens de Russie se sont infiltrés parmi les Arméniens de Turquie en Anatolie orientale. Ils ont lancé des attaques violentes contre les Turcs avant même d’avoir commencé cette guerre. Il est également question d’un massacre commis contre les musulmans par les Arméniens et les Russes en Anatolie orientale.

Question : L’Allemagne ne s’est-elle pas tirée une balle dans le pied en adoptant un tel projet de loi ? Parce qu’ils sont, eux aussi, considérés comme des complices.

En somme, oui. Le Bundestag doit se poser la question suivante. Comment les Allemands songent-ils réparer les blessures pour s’acquitter de ce soi-disant génocide ? On devrait d’abord poser cette question. Pourquoi le Bundestag ne veut-il pas reconnaitre le génocide qu’il a commis contre les Héréros et les Namas en Namibie ? Car le génocide est dans ce cas très clair et net. Mon professeur était le neveu du commandant Lothar von Trotha qui a orchestré ce génocide en Afrique du sud-ouest. L’oncle de son père parlait toujours du génocide qu’ils ont commis. Dans ce contexte, nous avons plus de responsabilité qui nous incombe pour être actifs. Il n’était donc pas question de faire quelque chose de moral ou pas. Le but principal était, dans ce cas, de pointer du doigt la Turquie et d’empêcher son adhésion à l’UE en la mettant dans une position délicate. Je pense que l’idée principale en Europe est dans ce sens.

Question : Dans ce cas, quel sera l’impact de cette situation sur les relations turco-européennes ?

Cela dépend de l’attitude qu’aura Ankara. Jusqu’à présent, le président Erdogan a eu une attitude très prudente. Il a, bien sûr, exprimé sa colère. Le test sanguin au député allemand d’origine turque a eu, ici, de mauvaises répercussions. Il y a, dans ce cas, une erreur de traduction, à mon avis. Car le terme « sang corrompu » peut avoir deux sens et risque d’être mal traduit. D’ailleurs, certains médias ont clarifié le sujet. En dehors de cela, Erdogan a agi avec beaucoup de prudence. Il a rappelé son ambassadeur en Allemagne, à Ankara et l’ambassadeur allemand a été convoqué au ministère turc des Affaires étrangères. Ce sont des démarches diplomatiques à entreprendre. Le président Erdogan avait, bien sûr, d’autres moyens plus efficaces pour exprimer sa colère. Comme par exemple l’accord militaire avec l’armée allemande. Il aurait pu annuler l’autorisation de vol à basse altitude de l’Aviation allemande en Anatolie orientale. Il aurait aussi pu annuler l’accord établi avec l’UE sur les migrants ou fermer les yeux sur le passage des migrants jusqu’à Edirne. Je suis persuadé que ce genre de sujets est sur la table du ministère des Affaires étrangères à Ankara.

Question : Pensez-vous que ce projet de loi a un lien avec la libéralisation du régime des visas ?

Je pense que le sujet principal en Europe est la libéralisation du régime des visas. Certains milieux conservateurs essaient de recueillir une quantité importante d’arguments pour entraver l’adhésion de la Turquie à l’UE. Pour eux, la libéralisation des visas est un sujet qui doit de toute façon être refusé. C’est un sujet qui effraie l’UE depuis longtemps.

C’est un sujet qui terrifie l’UE depuis longtemps. Si les Turcs bénéficient de la levée des visas, ils peuvent être membres directement de l’UE. En fait, ce sont surtout les milieux conservateurs qui craignent que 78 millions de Turcs émigrent vers l’UE.

Question : Comment percevez-vous cela ?

Je ne suis pas de cet avis. Moi, personnellement, j’ai vécu 3 ans en Turquie et j’ai rencontré des personnes de différentes positions politiques et de divers milieux de la société. À mon avis, les Turcs sont heureux de vivre en Turquie mais ne souhaitent pas être confrontés à un obstacle de visas et à la bureaucratie. C’est en fait, comme rendre visite à la famille. Je n’ai pas senti chez les Turcs le souhait de faire leurs valises et quitter la Turquie pour se rendre en Allemagne. D’ailleurs, pourquoi le souhaiteraient-ils ? La situation économique n’est pas meilleure en Allemagne. Notre économie est plus stabile et s’accroit de façon minimale. L’économie turque, elle, est une économie qui se développe plus fortement ; par conséquent les attentes quant à l’avenir sont plus élevées. D’autre part, les Turcs préfèreront vivre et travailler dans leur propre pays et avec leur propre langue maternelle.

Question : Comment percevez-vous la relation entre la Turquie et l’UE à l’avenir ?

En fait, l’Europe doit faire des aveux concernant l’avenir. Soit elle doit affirmer avoir une amitié étroite avec la Turquie et mener ainsi des pourparlers ouverts ; car la Turquie possède une réelle perspective lui permettant d’être membre de l’UE. C’est d’ailleurs la voie pour laquelle j’aurai opté. Mais cela prendrait un peu plus de temps… Ou bien, l’Europe doit être honnête vis-à-vis de la Turquie et dire « Nous pouvons être amis mais nous ne sommes pas convenables l’un pour l’autre. Et nous ne voulons pas vous voir au sein de l’UE ». Ainsi la Turquie choisira sa voie et si nécessaire, se focalisera sur une autre communauté. Il y avait à une époque les 5 de Shanghai. Ce sujet était discuté avant la crise entre la Turquie et la Russie. Que sa réponse soit affirmative ou négative, la Turquie a mérité que l’on soit honnête avec elle.

Question : Comment ce projet de loi s’est reflété au sein de la société allemande ?

Un tel projet de loi n’a pas vraiment d’importance pour la société allemande. Ceux qui n’ont pas un réel savoir et qui se forgent une idée à partir de la revue « Der Spiegel » ou du film « Arget » de production ARD, diront de toute façon que c’est un « génocide ». J’ai toujours essayé de faire connaître les Allemands à mes étudiants turcs d’université : en résumé, ils (les Allemands) pensent tout savoir sans rien savoir. Cette expression est la réponse exacte de votre question. Nous soutenons que c’est un « génocide » sans pourtant avoir de connaissances à ce sujet.

Question : Comment trouvez-vous l’attitude des Arméniens ?

En disant « Arménien » de quel Arménien parlons-nous ? Moi je pense que c’est plus une affaire de diaspora arménienne. Bien sûr, l’État arménien réclame la reconnaissance du soi-disant génocide. Mais cet État se source financièrement de la diaspora en France, en Suisse, aux États-Unis et en Argentine. Quand je vivais à Ankara, j’avais fait la connaissance d’Arméniens dans le quartier Kurtuluş. Eux perçoivent l’affaire tout autrement. Pour eux, ce n’est pas un « génocide » mais une tache noire dans l’histoire, un fait où les deux parties se sont comportées mal vis-à-vis de l’autre. Le patriarche arménien adjoint à Istanbul, Aram Ateşyan, a fait une déclaration similaire. Dans une lettre adressée au président Erdogan, il affirme que le projet de loi est une erreur. Je suis du même avis. Les Arméniens qui vivent en Turquie en toute harmonie, ont une approche bien plus réaliste que les personnes vivant dans un autre coin du monde.

Question : Pouvez-vous nous dire ce qu’il s’est passé à cette période, pour mieux comprendre l’affaire ?

Pour étudier l’affaire, il faut déterminer un point de départ. En général, on extirpe avec une pince les incidents de 1915. À mon avis, il faut étudier le sujet à compter de la fin du 19e siècle, période à laquelle les premiers comités révolutionnaires arméniens ont été fondés. En 1829, la Grèce a été poussée à son insu à se détacher de l’Empire ottoman. La même période, les minorités au sein de l’Empire ottoman ont été soutenues pour qu’elles réclament leur indépendance. Les grandes puissances européennes ont voulu en profiter et se sont focalisés sur certains groupes. L’objectif de ces États était d’affaiblir l’État ottoman. Par exemple, la Russie a montré de l’intérêt aux Arméniens, l’Angleterre aux Kurdes. La France s’est intéressée aussi bien aux Arméniens qu’aux kurdes. La Russie s’intéressait aussi aux Valaques tandis que les Serbes se sont portés aux côtés des Roumains. À chaque période, les minorités ont été encouragées à prendre leur indépendance. À la fin du 19e siècle, les comités révolutionnaires arméniens ont commencé à attaquer l’Empire ottoman. Ils ont attaqué premièrement leurs propres personnalités religieuses arméniennes. L’adjoint de l’évêque à Van, le patriarche d’Istanbul, voire même le Sultan Abdulhamid II ont été visés lors d’attentats.

Une attaque a été perpétrée contre la banque ottomane. Ces attaques terroristes se sont multipliées avec le temps. Il ne faut pas négliger que les groupes arméniens révolutionnaires de cette époque étaient aux côtés des Jeunes Turcs. Leur objectif commun était de renverser la monarchie. Lorsque l’objectif a commencé à devenir apparent avec le temps, les groupes arméniens révolutionnaires se sont séparés des Jeunes Turcs et ont commencé à réclamer leur propre Etat. Car selon la promesse faite par les Russes aux Arméniens, les terres arméniennes occidentales et orientales allaient s’unir. C’est ce qu’on leur avait promis. Le vrai point culminant est là. Les Arméniens ont alors cru aux paroles des Russes. Si les Russes avaient réellement voulu une vraie Arménie indépendante, ils auraient pu le constituer sur leurs terres. Et ils auraient pu ensuite appeler l’Empire Ottoman à faire de même. Mais cette idée n’a jamais existé. Le vrai but des Russes étaient d’accéder aux mers chaudes, c’est-à-dire à la Méditerranée. Ce sont ces réalités qui reposaient en arrière-plan. Puis les incidents se sont répandus d’un coup. Les groupes arméniens attaquaient les villages turcs et massacraient la population musulmane. Les hommes qui travaillaient dans les champs et la forêt, ont trouvé les corps massacrés de leurs femmes, enfants et parents lorsqu’ils sont arrivés chez eux. Cette fois, ce sont eux qui ont attaqué les villages arméniens les plus proches. En réalité leurs voisins arméniens n’y étaient pour rien. Les massacres avaient été perpétrés par les groupes terroristes. Mais dans les conditions de l’époque, on ne savait pas cela. Les incidents se sont propagés crescendo de cette manière. Car les grandes puissances européennes sont intervenues dans des sujets qui ne les concernaient pas.

Question : Cher Henrich souhaiteriez-vous ajouter autre chose avant d’achever le programme.

Oui, je souhaite lancer un appel. Nous devons arrêter de débattre des incidents historiques à l’assemblée, au parlement et dans les médias. Toutes les parties concernées doivent forcer les pays à ouvrir leurs archives. Toutefois, cela n’a pas été assuré jusqu’à ce jour. Ici les pays en question sont la Russie et l’Arménie en tête. La Fédération arménienne dont le siège se trouve à Boston doit elle aussi ouvrir ses archives. Les groupes terroristes ont porté leurs archives là-bas. Cela est réellement très important. Si nous souhaitons évaluer un incident historique, nous sommes dans l’obligation de le faire scientifiquement et non politiquement ou médiatiquement.

Question : Y a-t-il un tel effort ?

Non il n’y en a pas. Il n’y a pratiquement aucun projet de recherche concernant le sujet. Même s’il y en a, ceux-là sont revendiqués par des centres de recherche de paix et de crise déterminés. Et ceux-là évoquent plus la Paix et le Problème que les détails du sujet. Nous constatons cela en Allemagne dans les textes rédigés par les scientifiques concernant le sujet. Très peu de ces textes examinent les archives. En général, ils rédigent les textes en se citant les uns les autres. En réalité, il existe un cartel de citations. Par conséquent, on empêche de descendre à la source. Les médias reconnaissent ainsi le sujet et un grand nombre de scientifiques font des déclarations en faveur du soi-disant génocide. Ma thèse va dans ce sens. De leurs côtés, les scientifiques qui examinent les archives sont d’un avis totalement opposé, et par conséquent une polarisation apparait. Notre vrai problème est cela. Le sujet est utilisé comme un outil politique et sensationnel. Le sujet doit de nouveau être pris en main de manière scientifique.

Cher Henrich, nous vous remercions pour les informations que vous nous avez accordées, et vous souhaitons tous nos vœux de réussite.

Tags:


Fil d'info