Disneyland Paris jugé pour discrimination à l`embauche contre les "non-Européens"

  25 Mai 2016    Lu: 844
Disneyland Paris jugé pour discrimination à l`embauche contre les "non-Européens"
Une offre d`emploi publiée par le groupe Euro Disney en 2006 s`adressait aux personnes de "nationalité européenne". La justice doit se prononcer mercredi.
Le célèbre groupe de loisirs fait-il de la discrimination raciale ? C`est la question que va devoir trancher le tribunal correctionnel de Meaux, en Seine-et-Marne, mercredi. Après neuf ans de procédure, la société Euro Disney, qui exploite le plus grand parc d`attractions européen, comparaît de nouveau pour "discrimination à l`embauche fondée sur des critères de nationalité", accusée par des associations antiracistes d`avoir voulu favoriser le recrutement de salariés exclusivement "européens". Des faits passibles de 225.000 euros d`amende.

Une offre d`emploi réservée aux Européens. L`affaire débute en septembre 2006, avec la publication d`offres d`emploi dans le quotidien gratuit 20 Minutes : destinées à recruter des artistes pour Disneyland Paris, l`annonce du groupe s`adressait aux personnes "de nationalité européenne". Illégale, la mention de ce critère visait à exclure les candidats non-européens, estime SOS Racisme, qui a déposé plainte en février 2007.

Pour l`association, Disney entendait assurer ainsi un recrutement de ses salariés conforme à sa clientèle, en majorité européenne. Euro Disney s`était alors défendu, invoquant un cas isolé et une formulation maladroite de cette annonce, qui ne se retrouvait d`ailleurs pas dans celles publiées pour les mêmes postes à Pôle emploi et sur le site du groupe.

Une classification des salariés par origine ethnique ? Après un premier non lieu en 2013, la Fédération nationale des Maisons des potes (FNMDP), fondée par des anciens de SOS Racisme et ayant repris le dossier en main, a finalement obtenu ce renvoi en correctionnelle. Depuis le début des années 2000, la FNMDP multiplie les procédures judiciaires pour tenter d`établir les pratiques discriminatoires du groupe.

En 2009, elle avait fait saisir par huissier une partie des fichiers du personnel pour tenter de prouver une classification ethno-raciale des salariés, sur la base du bilan social de 2007 où ils étaient classés suivant des catégories telles que : "Afrique hors Maghreb", "Afrique Maghreb", "Autres Antilles". Euro Disney, qui avait obtenu en 2008 un "Label Diversité" décerné par le ministère de l`Intérieur, revendique plus de 100 nationalités et 20 langues parlées parmi ses salariés.

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