Au Venezuela, l`opposition appelle à désobéir au président Maduro
Un "état d`exception" qui ne fédère pas. En début de soirée, l`Assemblée nationale, où l`opposition est majoritaire, a rejeté le décret présidentiel sur l`état d`exception. Les députés, qui ont voté à main levée, ont estimé que l`état d`exception "approfondit la grave altération de l`ordre constitutionnel et démocratique que subit le Venezuela". En cas de vote négatif, "nous serons, nous Vénézuéliens, dans l`obligation d`ignorer ce décret", avait averti plus tôt dans la journée Henrique Capriles, candidat malheureux à l`élection présidentielle de 2013 face à Nicolas Maduro.
Le pays s`enlise dans une crise généralisée. "Tous les actes que nous considérons nuls car ils violent la Constitution (...) ignorons-les", avait-il ajouté au cours d`une interview à la radio, appelant une nouvelle fois à descendre dans la rue dès mercredi pour réclamer un référendum en vue de destituer le président vénézuélien. Henrique Capriles a aussi demandé à l`armée de choisir entre la Constitution et le président Maduro. Coupures d`électricité quotidiennes, pillages de commerces, pénuries et lynchages: ce pays pétrolier sombre chaque jour un peu plus dans la crise politique, économique et sociale depuis la victoire d`une coalition d`opposition aux élections législatives, fin 2015.
Restrictions des libertés individuelles. Lundi soir, le pays a fait un pas de plus vers l`autoritarisme après la proclamation de "l`état d`exception" par Nicolas Maduro, qui multiplie les déclarations à l`emporte-pièce face à une "menace extérieure" jusqu`ici mal identifiée. Mardi, il a directement accusé les Etats-Unis d`intrusion dans l`espace aérien vénézuélien la semaine dernière, et annoncé une protestation diplomatique officielle. Un décret publié dans la soirée de lundi a étendu durant 60 jours les prérogatives du gouvernement en matière de sécurité et de distribution alimentaire: l`armée et la police ont désormais pour ordre de "garantir la distribution et la commercialisation des aliments et produits de première nécessité".
Le pays a subi en 2015 une inflation de 180,9%, une des plus élevées au monde, et un recul du PIB de 5,7%, pour la deuxième année consécutive.






