Bolivie: le miracle de Morales
En effet, l’une des premières décisions d’Evo Morales, à peine arrivé au pouvoir, avait consisté à réviser les contrats avec les compagnies gazières, pour augmenter fortement les revenus de l’État. Une décision très contestée à l’époque, plus aujourd’hui. Cette initiative, à l’heure de la flambée des cours des matières premières, a porté ses fruits. Les chiffres sont éloquents : alors qu’en 2005, l’État avait investi pour 629 millions de dollars (578 millions d’euros), les comptes nationaux affichaient l’an passé un montant global de 4 milliards (3,6 milliards d’euros)…
Plus forte croissance d’Amérique latine
Pour cette année 2016, le budget prévoit 6,2 milliards de dollars (5,7 milliards d’euros) d’investissements publics, soit dix fois plus qu’il y a dix ans. « Avant, l’argent du gaz allait dans les poches privées, et quittait le pays », se félicite Francisco Xavier Iturralde, un banquier de La Paz.
Le résultat : le pays haut perché n’a jamais vécu pareille période de calme politique et de dynamisme économique que depuis 2005. Après 6,8 % de croissance en 2013, 2014 s’est achevée sur un solide 5,4 %, faisant de la Bolivie le meilleur élève d’Amérique du Sud. Comme l`avait prédit le FMI, le pays a conservé sa couronne régionale , avec 4,3 % en 2015.
Un développement dont profitent les plus démunis. Evo Morales, né il y a 55 ans dans une famille pauvre de l’Altiplano, n’a pas oublié le peuple dont il est issu. Dans son Panorama social de l’Amérique latine 2014, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (Cepal) de l’ONU souligne à plusieurs reprises les succès de la Bolivie en lutte contre la pauvreté et contre les inégalités. Entre 2005 et 2012, le taux de pauvreté est ainsi passé de 64 % à 36 %, et celui des indigents de 35 % à 19 %.






