Devant ses députés, Tsipras a encore une fois défendu vendredi les impopulaires mesures prévues, arguant qu’elles épargneraient les plus défavorisés, au nom de la « justice sociale ». Il a réaffirmé que réformer les retraites était indispensable pour empêcher « le système de s’effondrer dans quelques années ». La grève et les mots d’ordre de manifestation étaient bien suivis vendredi, mais pour Panayiotis Petrakis, professeur d’économie à l’université d’Athènes, cela ne menaçait pas l’adoption de la loi ce week-end.
Pression du FMI
Toutefois, « la distance entre Athènes et ses créanciers, qui exigent des mesures supplémentaires de 3,6 milliards d’euros reste importante », estime-t-il. D’autant que les créanciers ne semblent pas tous sur la même longueur d’ondes : selon une lettre du FMI adressée aux 19 ministres des Finances de la zone euro et publiée vendredi dans le Financial Times, la directrice de l’institution Christine Lagarde fait pression sur l’UE pour ouvrir la discussion sur la dette, tout en soulignant la nécessité d’une révision à la baisse de l’objectif d’un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 3,5% du PIB pour 2018, jugé « contreproductif » par le Fonds et entraînant des mesures supplémentaires.
A Athènes, les syndicats se sont insurgés contre le texte, qui prévoit la réduction des retraites les plus élevées, la fusion des multiples caisses d’assurance, l’augmentation des cotisations, des taxes, et de l’imposition pour les moyens et hauts revenus.
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