Un détail juridique a permis au président turc de demander à la Chancelière allemande que le comédien soit poursuivi : le paragraphe 103 du code criminel allemand, concernant «les insultes contre les représentants de pays étrangers». Un paragraphe si peu remarqué que plusieurs avocats et politiciens d`expérience n`en avaient jamais entendu parler auparavant! Angela Merkel a elle-même estimé que cette loi était inutile et qu`elle serait abrogée d`ici deux ans.
Merkel ignore la liberté d`expression
Le ministre aux affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et le ministre de la Justice Heiko Maas ont été contraints par la Chancelière d`obtempérer et de poursuivre le comédien.
«Selon nous, cette poursuite n`aurait pas due être autorisée. Les liberté de presse, liberté d`expression et liberté artistique sont de grandes vertus qui doivent être protégées par notre constitution», a déclaré Steinmeier.
Pour l`opposition, l`affaire met en évidence la faiblesse de la Chancelière dans le contexte de difficiles négociations pour trouver un accord entre l`Union Européenne et la Turquie sur la question des réfugiés. Angela Merkel a été l`un des principaux architectes de cet accord, mais le président Erdogan est regardé comme le grand vainqueur de ces négociations.
Le comédien Jan Böhmermann, lui, n`en démord pas : «La Chancelière ne doit pas jongler avec la liberté d`expression. Elle m`a mis en pièces et servi pour le thé» au président turc. Merkel ayant obtempéré pour laisser aux avocats et à la cour décider si Böhmermann avait effectivement insulté un chef d`Etat étranger avec son poème satyrique, Böhmermann attend de connaître son sort.
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