Ce n`est pas un hasard si c`est sa candidature qui a été retenue pour accomplir cette mission: arrivé en Grèce il y a deux ans Ibrahim al-Hussein, originaire de la ville syrienne de Deir ez-Zor, peut servir d`exemple d`intégration et d`endurance.
Avant que la guerre civile ne commence, Ibrahim, à l`époque électricien, s`entrainait comme un athlète professionnel, sauf que ce sont les eaux du fleuve Euphrate lui servaient de piscine, et le célèbre pont suspendu de sa ville natale de Deir ez-Zor de tremplin.
"J`avais l`habitude de monter au sommet, puis je me jetais dans l`eau et nageais dans le fleuve", se souvient-il aujourd`hui, cité par l`Agence des Nations unies pour les réfugiés.
Mais ensuite, la guerre a éclaté… Son "pont-tremplin" a été détruit lors des hostilités, quant à Ibrahim, il a perdu la moitié de sa jambe, un jour l`homme s`est précipité dehors pour porter secours à un ami grièvement blessé et a essuyé des éclats d`une bombe.
Les combats s`intensifiant, comme des dizaines de milliers de ses compatriotes, il décide de quitter le pays et emprunte d`abord la route de la Turquie, puis en bateau pneumatique arrive sur l`île grecque de Samos.
Deux ans se sont écoulés. Aujourd`hui, Ibrahim vit à Athènes, loue un appartement, travaille dans un café et suit un entraînement intensif en natation et en basket en fauteuil roulant. Ibrahim a appris à ne jamais céder et son handicap ne l`a pas empêché à pratiquer le sport.
"Pour moi, (ces entraînements, ndlr) ce ne sont pas des simples jeux", avoue ce réfugié syrien "c`est toute ma vie!".
"Je vois un athlète fort, rien de plus", explique son entraineur Eleni Kokkinou. "Tout ce qui le préoccupe est l`entraînement, l`entraînement et encore l`entraînement".
Lorsqu`il arrive à la piscine où il s`entraîne trois fois par semaine, il est obligé d`enlever sa prothèse et de sauter jusqu`à la ligne de départ sur une seule jambe. Toutefois, une fois dans l`eau, il retrouve toute sa confiance: il nage 50 mètres nage libre en 28 secondes.
Interrogé sur le relais et sur son élection, il répond humblement: "C`est un honneur", puis ajoute: "Imaginez que ce à quoi vous avez rêvé pendant plus de 20 ans devient réalité. J`avais rêvé participer aux Jeux (…), mais on m`a sélectionné pour porter la torche, un plus grand honneur encore".
"Je vais porter la flamme pour moi-même, mais aussi pour les Syriens, pour les réfugiés du monde entier, pour la Grèce, le sport, pour mes équipes de natation et de basketball", avoue-t-il.
L`étape grecque du relais de la flamme olympique a débuté jeudi. Après une traversée de la Grèce, la flamme sera officiellement remise au pays hôte de l`édition 2016, le Brésil, au Stade panathénaïque.
Les XXXIe JO d`été se tiendront du 5 au 21 août à Rio. Pour la première fois de l`histoire, une équipe d`athlète "réfugiés" participera aux compétitions.
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