"Prises ensemble, les deux éruptions ont probablement été les événements volcaniques les plus puissants ayant affecté le climat dans l`hémisphère nord ces 1.500 dernières années", a déclaré à l`AFP Matthew Toohey, du Centre de recherche sur les océans GEOMAR Helmholtz à Kiel, (Allemagne) qui a dirigé les recherches.
L`impact combiné des deux éruptions a abaissé la température de deux degrés Celsius pendant ce qui a sans doute été la décennie la plus froide des deux derniers millénaires, a-t-il ajouté au cours d`une réunion de l`European Geosciences Union à Vienne.
Cette chute brutale de la température, causée par l`écran formé devant le soleil par des particules de soufre, a eu un effet dévastateur sur l`agriculture, provoquant une famine dans la plus grande partie de l`Europe et au-delà.
La première pandémie de peste sur ce continent a eu lieu un an seulement après la deuxième éruption, mais on ne sait pas si l`hiver volcanique a joué un rôle direct dans la propagation de la maladie, ont souligné cette semaine M. Toohey et ses collègues dans la revue Climatic Change.
De nombreux récits contemporains des éruptions - dont un de l`historien byzantin Procope de Césarée - ont décrit un "mystérieux nuage" ayant envahi le ciel en 536. "Le soleil a émis une lumière sans brillance, comme la Lune, pendant toute cette année", écrivit Procope, comparant la situation à une interminable éclipse.
Les écrits historiques évoquent une famine dévastatrice les années suivantes et un effondrement des structures sociales dans une grande partie du nord de l`Europe.
Ce n`est que récemment que les scientifiques ont apporté la preuve que l`assombrissement solaire avait été dû à deux éruptions volcaniques.
Cette preuve est venue du Groenland et de l`Antarctique, sous la forme de carottes de glace qui, en encapsulant des particules de l`atmosphère, permettent de remonter le temps sur des milliers d`années.
Non seulement les traces de soufre ont indiqué avec précision les dates des deux éruptions mais les carottes ont aussi révélé que la première avait eu lieu dans l`hémisphère nord et la deuxième quelque part dans les tropiques.
Pour déterminer la force des éruptions, Matthew Toohey a conçu un modèle climatique permettant d`examiner différents scénarios, selon la quantité de cendres et de débris projetés, et la hauteur des colonnes de fumée, afin de voir lequel serait "conforme aux récits historiques".
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