Alors que le président américain s’apprête à lancer ce mercredi 2 avril - baptisé «jour de la libération» - sa grande offensive commerciale, ce fervent défenseur des tarifs douaniers a déclaré dimanche sur la chaîne Fox News qu’il s’attendait à ce que les surtaxes génèrent 6000 milliards de dollars (5550 milliards d’euros) de recettes au cours de la prochaine décennie. Une prévision qui avoisine le budget annuel du gouvernement fédéral, soit 6750 milliards de dollars (6250 milliards d’euros).
«Les droits de douane vont rapporter environ 600 milliards de dollars par an, soit environ 6000 milliards de dollars sur une période de dix ans», a précisé Peter Navarro. «Les droits de douane représentent des baisses d’impôts, des emplois, la sécurité nationale. Ils sont excellents pour l’Amérique. Ils rendront sa grandeur à l’Amérique», a-t-il ensuite martelé. Selon CNN, cette manne financière représenterait la plus forte hausse de recettes de l’histoire des États-Unis. «Même en tenant compte de l’inflation, ce montant serait le triple de la hausse d’impôt mise en place en 1942 pour payer le coût de la Seconde Guerre mondiale», affirme la chaîne américaine.
Selon le conseiller américain au commerce et à l’industrie, à ces 600 milliards de dollars récoltés annuellement s’ajouteront 100 milliards de dollars provenant uniquement de la taxation des voitures importées, annoncée le 26 mars dernier et qui entre en vigueur ce 2 avril. Un chiffre déjà évoqué par Donald Trump lors de son premier mandat. En 2018, lors de la guerre commerciale opposant Pékin à Washington, le président américain avait en effet évoqué la possibilité d’imposer des tarifs douaniers supplémentaires de «100 milliards de dollars» à l’encontre de la Chine. Hormis cette déclaration, on ignore comment Peter Navarro est parvenu à cette somme. D’autant que le détail des droits de douane américains ne sera rendu public que ce mercredi soir.
Un optimisme qui contraste avec les pronostics de nombreux économistes américains comme européens. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a estimé que la guerre commerciale menée par Donald Trump était «un exemple de but contre son camp». Au micro de France Inter mi-mars, le haut fonctionnaire a déclaré que «ce qui se passe aux États-Unis» est «une très mauvaise nouvelle, d’abord pour l’économie américaine». «Certains révisent non seulement à la baisse leurs prévisions de croissance américaine mais commencent à parler de récession aux États-Unis», a-t-il souligné.
AFP