France : Après sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité, Marine Le Pen annonce saisir la CEDH et le Conseil constitutionnel

  02 Avril 2025    Lu: 233
France : Après sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité, Marine Le Pen annonce saisir la CEDH et le Conseil constitutionnel

Après le coup de tonnerre judiciaire, la contre-attaque politique. Au lendemain de la décision du tribunal correctionnel qui rend inéligible Marine Le Pen - reconnue coupable de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires FN (devenu Rassemblement national) -, la chef de file des députés RN reste combative.

Et ce, malgré ses faibles chances de pouvoir désormais concourir à la présidentielle de 2027. «Le système a sorti la bombe nucléaire et s’il utilise une arme aussi puissante contre nous, c’est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner des élections», a déclaré mardi Marine Le Pen devant ses troupes lors d’une réunion du groupe RN ouverte de manière inédite à la presse.

Alors que la triple candidate à l’Élysée a interjeté appel, elle se réjouit de l’accélération du calendrier dans une interview au Parisien . La Cour d’appel de Paris envisageant un deuxième procès et la décision attenante d’ici à l’été 2026, soit moins d’un an avant le scrutin présidentiel, Marine Le Pen estime que «c’est une très bonne nouvelle, dans laquelle (elle) veut voir le trouble qu’a créé le jugement». Loin d’être un hasard, la députée du Pas-de-Calais utilise ici le même mot que l’entourage de François Bayrou pour qualifier le verdict du tribunal.

Dans les prochains mois, Marine Le Pen entend «utiliser toutes les voies de recours possibles.» Comme la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et le Conseil constitutionnel, qu’elle annonce saisir contre le verdict en première instance, «une atteinte gravissime à la démocratie et au processus électoral», estime-t-elle. S’agissant de la CEDH, la députée du Pas-de-Calais juge le référé «possible», «la décision prise créant un préjudice irréparable».

Le Conseil constitutionnel saisi d’une QPC
Quant à la deuxième juridiction constitutionnelle, présidée depuis un mois par le macroniste Richard Ferrand, elle sera saisie «par une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), dont le but est de se prononcer sur l’incompatibilité qu’il y a entre une décision d’inéligibilité avec exécution provisoire, et la liberté des électeurs qui est inscrite» dans le texte fondamental de 1958, poursuit Marine Le Pen. «Il faut désormais que la QPC que nous préparons soit validée, qu’elle soit transférée au Conseil constitutionnel», ajoute la figure nationaliste, qui «n’ose imaginer que ça ne sera pas le cas».

Si les lieutenants du parti à la flamme n’ont pas manqué dans le passé de vilipender ces deux instances juridiques, accusés selon eux d’ingérence dans la vie politique, la double finaliste de la présidentielle balaye toute incohérence dans sa démarche : «Ce n’est pas parce que je peux avoir un désaccord avec le Conseil constitutionnel, ou plutôt avec le président Fabius (dont le mandat a pris fin en mars, NDLR) pour des décisions politiques qu’il n’aurait pas dû prendre, que, comme justiciable, je me priverais du droit de pouvoir faire respecter l’état de droit.»

En attendant, le RN souhaite mobiliser ses sympathisants, en organisant dimanche à Paris «un meeting de soutien» à Marine Le Pen, dans le cadre de la «mobilisation populaire et pacifique» lancée après sa condamnation. Une invitation d’alliés européens est par ailleurs en réflexion au sein du parti nationaliste.

Avec Le Figaro


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