France: un site d`extrême droite condamné pour une "diatribe violente" contre les musulmans

  08 Avril 2016    Lu: 763
France: un site d`extrême droite condamné pour une "diatribe violente" contre les musulmans
L`auteur impute aux musulmans, de manière explicite, sans aucune réserve et sans distinction entre eux, une perversion morale et des comportements abjects
Le directeur de la publication du site d`extrême droite Riposte laïque, le Suisse Alain Jean-Mairet, a été condamné mercredi en France à 5.000 euros d`amende pour provocation à la haine envers les musulmans, pour avoir publié en octobre une "diatribe violente" contre les musulmans.

Intitulé "Et si l`islam était le culte de la perversion sexuelle et morale?", le texte avait été signalé au parquet par la Ligue internationale contre le racisme et l`antisémitisme (Licra).

Signé Salem Bennamar, le texte énumérait en introduction une foule d`abjections, "abuser sexuellement d`enfants pré-pubères", "terroriser, racketter, décapiter" et accusait les "gouvernements occidentaux et musulmans" de silence voire de complicité active.

Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que "sous couvert d`expliquer les faits qu`il dénonce par la supposée déviance morale de l`islam, l`auteur impute ensuite aux musulmans, de manière explicite, sans aucune réserve et sans distinction entre eux, une perversion morale et des comportements abjects".

Pour les juges, le texte procède à une "stigmatisation généralisée et systématisée des musulmans", en évoquant "leurs supposées +pratiques zoophiles, pédophiles, incestueuses et nécrophiles, voire démoniaques+".

Loin de se livrer à une critique de l`islam, son auteur "s`adonne à une diatribe violente contre les musulmans, auxquels il prête des perversions inhérentes à leur seule appartenance religieuse", ont estimé les juges, pour qui "les propos poursuivis ont amplement excédé les limites admises à la liberté d`expression".

Alors que la défense considérait que la justice française n`était pas compétente pour juger M. Jean-Mairet, présenté comme le président de Riposte laïque Suisse, pays où s`est établi le site internet, le tribunal a rejeté cet argument, estimant être compétent dès lors que les propos litigieux étaient accessibles en France.

Le parquet avait estimé que l`établissement du siège social de l`association en Suisse constitue en fait une manoeuvre pour tenter d`échapper aux poursuites.

Mercredi, le site de l`association renvoyait vers le nom d`un responsable domicilié en Thaïlande, tout en indiquant être basé à Genève.

Riposte laïque​ s`était fait connaître en voulant organiser en juin 2010 un "apéro saucisson-pinard" dans le quartier multiethnique de la Goutte d`Or à Paris, qui a été interdit.

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