Qatar: un poète critique du régime gracié
Le poète, Mohamed al-Ajmi, alias Ibn al-Dhib, a été remis en liberté mardi soir après avoir passé plus de quatre ans en prison pour "un poème du jasmin" saluant le Printemps arabe et exprimant l`espoir qu`il s`étende aux monarchies du Golfe.
"Oui, c`est vrai mais nous n`avons rien à dire autre que Dieu merci", a déclaré à l`AFP son frère Hassan Al-Ajmi, à propos de sa libération. "Il a retrouvé sa famille et ses enfants immédiatement après avoir été gracié par l`émir", a-t-il ajouté.
Sa libération qui n`a pas été annoncée par les autorités est intervenue apparemment après une intervention d`un membre de sa famille auprès des autorités.
Arrêté en novembre 2011, le poète avait été condamné le 20 novembre 2012 à la prison à perpétuité pour "atteinte aux symboles de l`État et incitation à renverser le pouvoir".
Sa peine a été ensuite réduite en appel à 15 ans de prison, puis confirmée le 21 octobre 2013 en cassation.
Amnesty international, qui avait condamné son incarcération comme "une violation flagrante de la liberté d`expression", s`est félicitée de la libération de M. Ajmi, soumis selon l`ONG, à "une épreuve inutile".
"Il est absurde qu`il a dû passer plus de quatre ans derrière les barreaux, alors que sa poésie était tout simplement l`expression pacifique de ses convictions", écrit James Lynch, directeur adjoint d`Amnesty pour le Moyen-Orient et l`Afrique du nord, dans un communiqué mercredi.
Les circonstances de sa libération n`étant "pas claires, il est essentiel que les autorités n`imposent pas à Mohamed al-Ajmi des conditions à l`exercice de ses droits", ajoute-t-il, appelant à "la libération immédiate des prisonniers d`opinion" au Qatar.
Le "poème du Jasmin" rend hommage à la révolution tunisienne, berceau du Printemps arabe et exprime l`espoir que le changement touchera d`autres pays arabes, affirmant: "Nous sommes tous la Tunisie face à une élite répressive".
Dans une référence au Qatar, qui abrite une importante base aérienne américaine, il ajoute: "J`espère que sera bientôt le tour des pays dont le dirigeant s`appuie sur les forces américaines". L`émir de l`époque, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, a depuis quitté le pouvoir, après avoir abdiqué en faveur de son fils, cheikh Tamim.






