"Nous avons souligné l`importance de l`adoption d`une loi électorale pour la tenue d`élections locales avant la fin du premier semestre 2016", a déclaré à la presse M. Ayrault.
"Il faut pouvoir assurer la sécurité de l`organisation des élections, nous avons besoin de sécurité sur le terrain", a néanmoins tempéré son homologue ukrainien, Pavlo Klimkine, en jugeant que la réunion de jeudi n`avait pas permis "d`avancée".
Si les Occidentaux voient les élections dans l`est rebelle comme une ouverture pour sa réintégration politique dans l`Ukraine, Kiev redoute que la Russie, accusée de soutenir militairement les séparatistes, ne s`en serve pour déstabiliser l`ensemble de l`ex-république soviétique.
M. Klimkine a dénoncé la présence d`"importants armements cachés dans le Donbass" et déploré l`absence d`accès à la frontière avec la Russie.
Selon lui, l`Ukraine a fait des propositions pour contrôler la frontière et stopper "l`entrée d`armes, de munitions, de mercenaires russes et de troupes russes en Ukraine mais la partie russe n`a pas voulu discuter de certains points dans le détail".
Sur ce volet de consolidation du cessez-le-feu, M. Ayrault a indiqué que toutes les parties devaient "fournir toutes les informations nécessaires pour le suivi et la vérification par l`OSCE du retrait de toutes les armes lourdes sans délai".
Le ministre français, qui s`attelle avec la crise ukrainienne à son premier gros dossier depuis sa nomination en février, a aussi insisté pour que les observateurs de l`OSCE, dont la mission a été prolongée jusqu`à fin mars 2017, "puisse identifier les responsables des violations du cessez-le-feu".
Paris et Berlin, a-t-il ajouté, ont également appelé à "la libération et l`échange de tous les prisonniers et personnes détenues illégalement d`ici le 30 avril".
Déception de Berlin
Si Paris affirme que la réunion de jeudi a permis de "franchir une étape", Berlin a fait entendre une musique différente.
"Je ne suis pas satisfait de la façon avec laquelle Kiev et Moscou mènent les négociations", a asséné le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, alors que son homologue russe Serguei Lavrov quittait la réunion le visage fermé, sans faire de déclarations.
La réunion n`a pas permis "de progrès en ce qui concerne le processus politique", a-t-il déploré. La tenue d`élections locales est suspendue au fait de savoir "si Kiev et Moscou vont travailler ensemble de manière plus constructive (...). Ca reste difficile", a-t-il lâché, visiblement pessimiste.
Signés en février 2015 dans la capitale bélarusse grâce à la médiation franco-allemande et en présence du président russe Vladimir Poutine, les accords de Minsk prévoient un cessez-le-feu ainsi qu`un ensemble de mesures politiques, économiques et sociales pour régler le conflit ukrainien qui a fait plus de 9.000 morts depuis bientôt deux ans.
Lors d`un déplacement à Kiev les 22 et 23 février, les ministres français et allemand des Affaires étrangères avaient déjà exhorté les autorités ukrainiennes, en pleine crise politique, à poursuivre leurs réformes, et notamment à adopter d`urgence une loi électorale permettant la tenue d`élections locales.
L`Ukraine et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les rebelles pro-russes, ce que Moscou dément.
Ces derniers jours, l`Allemagne et le général américain commandant les forces de l`Otan en Europe, Philip Breedlove, ont fait part de leur préoccupation concernant des violations du cessez-le-feu.
Les combats opposant l`armée ukrainienne aux rebelles ont considérablement baissé en intensité depuis l`instauration d`une nouvelle trêve en septembre 2015 mais des flambées irrégulières de violence, et surtout les mines omniprésentes dans la zone de guerre, continuent d`alourdir le bilan.
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