Londres aide l’Arabie saoudite à bombarder les Yéménites

  03 Mars 2016    Lu: 1676
Londres aide l’Arabie saoudite à bombarder les Yéménites
Ce mardi, le Premier ministre britannique David Cameron a soutenu la vente d’armements au gouvernement saoudien, en estimant que la Grande-Bretagne devrait vendre ses armements et équipements militaires partout dans le monde pour créer des emplois et soutenir le savoir-faire de son secteur militaro-industriels.
David Cameron s’est félicité de l’application des contrats d’armements avec l’Arabie saoudite et a estimé que ces contrats ont fait l’objet d` « exagérations ». Il a qualifié de « chose brillante » le projet de la fabrication des avions Eurofighter Typhoon commandés par Riyad. « Nous avons encore beaucoup à faire pour l’Arabie saoudite », a déclaré le Premier ministre britannique.

L’ONG Amnesty International a réagi aussitôt aux déclarations de David Cameron et a estimé que la politique de Londres de fournir d’armements et équipements militaire à des régimes comme celui de l’Arabie saoudite, risque de créer un « précédent dangereux ».

Olivier Sprague, directeur du programme du contrôle des armements britannique auprès d’Amnesty International a déclaré que ce que David Cameron avait appelé « chose brillante » comprendrait aussi l’usage de ces mêmes armements dans le cadre de l’agression militaire contre le Yémen.

l’Institut international des droits de l’enfant (ONG suisse) alerte sur le sort trop peu médiatisé des enfants yéménites au cœur de la guerre civile. Selon l’UNICEF, environ 1,3 millions d’enfants de moins de 5 ans sont exposés au risque de malnutrition qui peut provoquer des troubles sévères au niveau physique et mental, jusqu’à l’issue fatale. Du fait de la guerre, l’accès aux soins est de plus en plus difficile. Selon Mohammed al Saadi, de l’UNICEF: «192 centres dédiés au traitement de la malnutrition ont fermé à cause du manque d’essence, ou du conflit incessant, ou parce que les hôpitaux ont été frappés par des raids aériens, ou attaqués par des factions armées, ou parce que le personnel médical a été déplacé.»

Le conflit oppose le gouvernement du président démissionnaire Abd Rabo Mansour Hadi à des forces du mouvement Ansarallah. Depuis mars 2015, avec l’implication directe d’une coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite, le conflit a fait quelque 6000 victimes, dont 747 enfants. Devant la gravité de la situation, l’ONU (UNICEF) et plusieurs ONG (Human Rights Watch, Médecins sans frontières) tentent d’alarmer une opinion internationale occupée sur d’autres fronts.

Cela pose la question récurrente de l’éclairage médiatique et des intérêts géopolitiques qui cadrent l’information, et de la vulnérabilité des enfants face à cette double injustice : premières victimes de conflits dont ils ne sont pas responsables, ils sont encore victimes du silence de la communauté internationale.

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