Heurts dans la "jungle" de Calais : le début du démantèlement se passe mal

  01 Mars 2016    Lu: 594
Heurts dans la "jungle" de Calais : le début du démantèlement se passe mal
Quatre jours à peine après une décision de justice validant l`évacuation d`une partie de la "jungle" de Calais, l`État en a entamé hier le démantèlement, dans un climat tendu qui a dégénéré en heurts avec la police dans l`après-midi, sur fond de colère d`associations.
Les opérations d`évacuation ont repris ce matin comme prévu dans la "jungle" de Calais. Et pourtant des violences ont émaillé la première journée du démantèlement d`une partie du campement de migrants.

Jets de pierres, incendies de cabanes et gaz lacrymogène

Deux CRS blessés, quatre contusionnés et trois véhicules administratifs endommagés. Après une matinée plutôt calme, la situation s`est tendue lundi en début d`après-midi : à la suite d`incendie de cabanes, des projectiles ont été lancés sur les CRS par des migrants et des militants du collectif No border radicalement opposés aux politiques de contrôle de l`immigration. Les CRS ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogène.

De19h et 20h, hier soir, quelque 150 migrants, certains armés d`une barre de fer, se sont introduits sur la rocade portuaire jouxtant la "jungle" de Calais, lançant des pierres ou tapant sur des véhicules en partance vers l`Angleterre. La police a mis plus de 45 minutes pour reprendre le contrôle de la rocade, jonchée de débris, et l`accès au port.

Une intervention critiquée

Des associations, comme l`Auberge des migrants, ont vivement critiqué l`opération de police de lundi : "Les policiers sont arrivés le matin et ont demandé aux migrants encore présents de partir et, dans la foulée, ils ont tout démoli. La façon dont c`est fait est violente, dégradante et contraire aux engagements de l`État", a expliqué l`un de ses représentants, François Guennoc.

"Le démantèlement avait été annoncé comme pacifié, ciblant les tentes vides et les abris inoccupés", a ajouté Olivier Marteau, responsable du "projet Calais" pour MSF. "Il a en réalité ciblé tous les logements de la zone 9, densément occupée et habitée, et inévitablement dégénéré en violences, dans un camp où vivent des familles et des enfants".

Décision du tribunal administratif

Jeudi dernier, le gouvernement, qui veut depuis plusieurs semaines démanteler le plus grand bidonville de France où survivent entre 3.700 et 7.000 migrants, avait obtenu gain de cause auprès du tribunal administratif de Lille pour une évacuation partielle du camp. Les autorités avaient immédiatement assuré qu`elles n`entendaient pas recourir à la force.

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