Après les militants, les avocats, les journalistes, les blogueurs, les enseignants, ce sont les croyants de l’ombre, l’Eglise souterraine du Zhejiang que Pékin veut faire taire. Ces verdicts très durs sont destinés à faire peur, à contenir une fronde qui agite l’un des bastions du président chinois - Xi Jinping y a été secrétaire du parti de 2002 à 2007.
Depuis 2013, la campagne intitulée « Trois rectifications pour une démolition » soulève l’indignation au sein d’une population à 15 % protestante. Les autorités locales ont décidé d’abattre les croix sur les édifices religieux, des enseignes jugées « trop visibles » et qui selon les autorités « défigurent le paysage ». 1 200 croix ont déjà été démontées et plusieurs temples détruits.
Mobilisation sur les réseaux sociaux
L’été dernier, l`évêque « officiel » du diocèse de Wenzhou, rebaptisée la « Jérusalem de Chine » pour l’importance de sa communauté chrétienne, a publié une lettre cosignée par vingt-six de ses prêtres, demandant à « toutes les personnes animées par un sens de la justice d`élever la voix ensemble. »
Au nord de Hangzhou, la capitale provinciale, vingt-deux protestants ont grimpé sur le toit d`un temple pour empêcher la destruction du calvaire, tandis que des messages sur les réseaux sociaux encouragent les fidèles à accrocher à leur fenêtre de petites croix en bois peintes en rouge en réponse à la brutalité des démolisseurs. Ces gestes ont été encouragés par les religieux et notamment par le pasteur Bao Guohua, aujourd’hui puni d’une peine de 14 ans d’emprisonnement.
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