«C`est toujours le cas mais les jours où on pouvait croire cela comme acquis sont révolus», a-t-il déploré devant la presse.
Salil Shetty, le secrétaire général d`Amnesty, a qualifié de «honteuse» l`attitude des pays européens face à la crise des migrants qui fuient la guerre au Proche-Orient.
«L`UE, qui compte plus de 500 millions d`habitants et qui constitue l`ensemble politique le plus riche de la planète, s`est singulièrement montrée incapable d`apporter une réponse cohérente, humaine et respectueuse des droits humains», insiste Amnesty dans son rapport.
«Seule l`Allemagne a fait preuve d`une volonté politique à la mesure de l`importance du problème», estime l`ONG. «La plupart des dirigeants européens ont préféré prêter l`oreille aux discours tonitruants hostiles aux immigrés, motivés par la peur de l`insécurité et d`une perte de souveraineté nationale. Résultat: les seules mesures sur lesquelles ils ont pu s`entendre sont celles qui visaient à renforcer la forteresse Europe, ajoute-t-elle.
Amnesty critique aussi la réponse politique aux attentats sanglants qui ont frappé Paris en janvier et en novembre 2015.
Selon l`organisation, ces attaques »ont donné une nouvelle impulsion en France en particulier, mais également ailleurs en Europe, à toute une série de mesures représentant une menace pour les droits humains.
Dans le cadre de l`état d`urgence décrété depuis novembre par Paris, »les autorités françaises ont, en l`espace de quelques semaines, réalisé 2.700 perquisitions sans autorisation judiciaire, qui ont débouché sur l`ouverture de seulement deux informations judiciaires en lien avec des actes terroristes.
Tout au long de l`année, elles ont initié des poursuites contre des personnes accusées +d`apologie du terrorisme+, une infraction définie en termes vagues. Dans un certain nombre de cas, ces poursuites constituaient manifestement une atteinte au droit à la liberté d`expression«, ajoute l`ONG.
De nombreux gouvernements se sont fourvoyés dans leur réponse aux menaces sécuritaires pesant sur les nations, a martelé Sali Shetty. Ils ont étouffé la société civile, s`en sont pris au droit au respect de la vie privée et au droit à liberté d`expression - en les présentant comme contraires à la sécurité nationale, à l`ordre public et aux +valeurs nationales+.
Selon le secrétaire général d`Amnesty, plus de 70 années de travail acharné et de progrès humains sont en danger« par la faute des gouvernements qui cherchent à court-circuiter des institutions comme les Nations unies, la Cour pénale internationale ou des mécanismes régionaux tels que le Conseil de l`Europe.
Le conflit syrien est un terrible exemple des conséquences humaines catastrophiques de l`incapacité du système des Nations unies à s`acquitter de son rôle déterminant pour le respect des droits fondamentaux et du droit international, et à garantir l`obligation de rendre des comptes, a-t-il souligné.
Il a appelé les principaux leaders à profiter de l`élection à la fin de l`année du prochain secrétaire général des Nations unies pour »avancer dans le sens des réformes «et donner» un nouvel élan à une organisation qui en a «désespérément besoin».
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