Liban: le ministre de l'Environnement annonce son départ

  10 Août 2020    Lu: 329
  Liban:   le ministre de l Damanios Kattar, en février 2020. AFP

Samedi, des milliers de manifestants en colère contre la classe dirigeante accusée de corruption, d'incompétence et de négligence après l'explosion, ont pris d'assaut brièvement des ministères et défilé dans le centre-ville de Beyrouth pour crier vengeance.

Le ministre libanais de l'Environnement et du développement administratif, Damianos Kattar, a annoncé dimanche soir sa démission, devenant ainsi le second membre du gouvernement à le quitter après l'explosion meurtrière et dévastatrice du port de Beyrouth.

«Face à l'énorme catastrophe (...) et (...) un régime stérile qui a raté de nombreuses opportunités, (..), j'ai décidé de démissionner du gouvernement», a annoncé M. Kattar dans un communiqué. «En ce moment de douleur qui unit les Libanais, je vois de l'espoir dans la capacité de nos jeunes à faire progresser un nouveau Liban qui réponde à leurs aspirations et à leurs rêves».

Illustrant l'ampleur de la colère dans le pays, le Patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a lui-même réclamé dimanche la démission du gouvernement et des législatives anticipées. Ces derniers jours déjà, plusieurs députés ont démissionné.

Samedi, des milliers de manifestants en colère contre la classe dirigeante accusée de corruption, d'incompétence et de négligence après l'explosion, ont pris d'assaut brièvement des ministères et défilé dans le centre-ville de Beyrouth pour crier vengeance. Ils ont brandi des potences de fortune symbolisant la rage à l'égard des dirigeants.

«La démission d'un député par-ci, d'un ministre par-là, ne suffit pas», a lancé lors de son sermon dominical le cardinal Béchara Raï, cité par son service de presse. «Il faut, par respect pour les sentiments des Libanais et en raison de sa gravissime responsabilité, avoir la démission du gouvernement tout entier, incapable de faire avancer le pays, et organiser des législatives anticipées, plutôt que d'avoir un Parlement qui n'exerce pas ses fonctions», a-t-il ajouté.

«C'est ce qu'on peut appeler un crime contre l'humanité», a lancé le patriarche maronite, qui jouit d'une influence importante, en évoquant la tragédie du port, réclamant une «enquête internationale» afin que tous les responsables de ce «massacre» rendent des comptes.

Pour tenter d'apaiser la colère de la rue, le Premier ministre contesté Hassan Diab a annoncé samedi qu'il proposerait des législatives anticipées et s'est dit prêt à rester au pouvoir «pendant deux mois», le temps que les forces politiques s'entendent. (AFP)


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