Plus de 70 jeunes migrants évacués d'un campement installé en plein centre de Paris

  04 Août 2020    Lu: 594
  Plus de 70 jeunes migrants évacués d

L'évacuation, qui s'est déroulée dans le calme, s'est terminée vers 8H30.

Plus de 70 jeunes migrants, considérés par plusieurs associations comme des mineurs étrangers, ont été évacués mardi 4 août au matin d'un campement installé depuis un mois en plein centre de Paris, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'évacuation, qui s'est déroulée dans le calme, s'est terminée vers 8H30. Masques sur le visage, ces 72 jeunes hommes migrants qui dormaient dans des tentes installées dans un square près de la place de la République ont été accompagnés dans des bus par des agents de la préfecture d'Ile-de-France et de la mairie de Paris, sous le regard de quelques policiers en retrait.

Ils ont été conduits vers un gymnase du XIe arrondissement, selon la préfecture. Par ailleurs, celle-ci indique que sept jeunes filles ont également été mises à l'abri dans des hôtels sociaux. Les jeunes hommes ont été évalués majeurs par plusieurs départements d'Ile-de-France et sont refusés par l'aide sociale à l'enfance (ASE). Mais ils contestent cette évaluation et se retrouvent dans une «impasse» le temps de leur recours, selon les associations qui les aident dont Utopia 56, Comede et Médecins sans frontières (MSF).

Ces ONG militent pour qu'ils soient considérés comme mineurs et pris en charge comme des enfants en danger le temps du processus judiciaire, qui peut durer entre six et dix-huit mois. Elles demandent notamment à Paris de «montrer l'exemple» en créant un dispositif spécifique pour ces jeunes. «Un accord de principe a été trouvé avec la mairie de Paris pour qu'il y ait un dispositif pour ces mineurs en recours», a expliqué à l'AFP Corinne Torre, responsable de MSF. «C'est pour cette raison que nous avons accepté qu'il y ait un hébergement d'urgence en gymnase en attendant.»

Jeudi, l'adjointe à la protection de l'enfance Dominique Versini avait expliqué qu'un site avait récemment «été trouvé» et que l'État discutait avec une association susceptible de le gérer. Ce centre, qui serait une première en France, doit selon elle «être cofinancé par l'État», car ces jeunes «relèvent de sa prise en charge».

Un discours contredit mardi par la secrétaire générale de la préfecture d'Ile-de-France, Magali Charbonneau. «L'État n'est pas favorable à la création d'un dispositif tiers, parce que ça ne se justifie pas», a-t-elle dit, en soulignant que «tous ces jeunes ont été évalués majeurs».

Après leur mise à l'abri, «ils seront orientés vers des structures pour majeurs», en attendant une décision judiciaire, a-t-elle dit. MSF indique que plus de la moitié des jeunes accompagnés par ses services sont finalement reconnus mineurs par la justice. (AFP)


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