Au Danemark, le meurtre d'un jeune métis éveille des soupçons de crime raciste

  03 Juillet 2020    Lu: 516
Au Danemark, le meurtre d

Un jeune homme métis a été découvert fin juin assassiné au Danemark. Quelques heures plus tard, la police appréhende deux suspects, dont l'un a des sympathies racistes revendiquées, provoquant un débat public même si le Parquet a infirmé vendredi toute motivation raciste.

«Le crime résulte d'une relation personnelle (entre la victime et les auteurs présumés) qui a très mal tournée. Il n'a pas de motivation raciste», a dit à l'AFP la procureure en charge du dossier, Bente Pedersen Lund. Le corps de la victime, un homme métis de 28 ans, fils d'un Danois et d'une Tanzanienne selon la presse, a été retrouvé le 23 juin à l'aube, à côté d'un kiosque dans une forêt de la pittoresque île de Bornholm, à l'est de Copenhague, dans la Baltique.

Les auteurs présumés du crime, deux frères d'une vingtaine d'années qui connaissaient la victime, ont été rapidement arrêtés et placés en détention après une audience à huis-clos. Ils plaident coupables d'agression grave mais pas de meurtre, selon l'acte d'accusation préliminaire obtenu par l'AFP, qui détaille les coups de couteau reçus par le défunt sur le visage et le corps. Au moins l'un des agresseurs s'est agenouillé sur le cou de la victime.

Svastika tatouée sur la jambe

«L'aîné des frères (...) a une svastika tatouée sur la jambe et des sympathies pour le mouvement suprémaciste blanc et la victime est noire donc je comprends pourquoi les gens s'interrogent sur le fait que ce soit ou non un crime racial», a indiqué à l'AFP Asser Gregersen, avocat du cadet des deux frères, qui n'a lui aucune sympathie déclarée pour l'extrême droite. Pourtant, pour Asser Gregersen, comme pour le Parquet et la police, il ne s'agit pas d'un crime de haine.

«Je comprends les spéculations, mais le public doit aussi avoir confiance en ce que disent les avocats et les autorités et ne pas seulement penser que la police ignore un motif racial», a-t-il dit. Un argument qui ne convainc pas une frange de l'opinion publique danoise. «Nous ne sommes pas là pour enquêter sur les motifs mais on s'interroge sur les raisons qui ont poussé la police à écarter si rapidement le racisme», a résumé le porte-parole du collectif afro-danois, Roger Courage Matthisen. «Avec le racisme, il n'y a pas d'interrupteur on/off, et il est clair que les auteurs présumés ont de fortes connections nazies et racistes», a-t-il affirmé.

Le parquet n'a pas détaillé les raisons pour lesquelles la piste d'un crime raciste n'était pas privilégiée, se référant au secret de l'enquête. «Nous n'avons pas fermé les yeux sur cette possibilité mais c'est improbable», a conclut Bente Pedersen Lund. Au Danemark, les plaintes pour crime racistes sont rares mais en constante augmentation. Elles ont presque doublé entre 2016 et 2018, passant de 140 à 260, selon les chiffres du Conseil de prévention des crimes. (AFP)


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