Indignation aux États-Unis après la mort d'un homme noir lors de son interpellation

  27 Mai 2020    Lu: 286
Indignation aux États-Unis après la mort d Un extrait de la vidéo publiée sur les réseaux sociaux où l'on voit un officier de police immobiliser George Floyd avec son genou. AFP/Facebook/DarnellaFrazier

La mort d'un homme noir américain à la suite d'une arrestation «musclée» a déclenché mardi 27 mai la colère à Minneapolis, sa famille dénonçant un usage «excessif et inhumain» de la force et le racisme de la police de cette ville du Minnesota, dans le nord des États-Unis. Cet homme, qui n'était pas armé, s'appelait George Floyd.

La scène, filmée lundi soir par une passante sur Facebook Live, montre un homme plaqué au sol sur le ventre par un policier qui l'immobilise avec un genou sur le cou. L'homme, George Floyd, se plaint pendant de longues minutes de ne pas pouvoir respirer et d'avoir mal, tandis que l'agent, un Blanc, lui dit de rester calme.

Un second policier tient à distance les passants qui commencent à s'emporter alors que Floyd ne bouge plus. «Il ne respire plus, il ne bouge plus, prenez son pouls», répète un passant tandis que les policiers attendent une ambulance qui arrive après plusieurs minutes. Il a été transporté dans un hôpital de la ville, où il est décédé peu après.

Un porte-parole de la police de Minneapolis a affirmé lundi soir que l'homme avait résisté à son interpellation par les agents appelés pour un cas d'ivresse sur la voie publique. D'après la version de la police, les agents ont répondu lundi soir à 20 heures à un appel signalant un délit en cours. Ils ont découvert le suspect, âgé d'une quarantaine d'années, dans une voiture. Une fois George Floyd sorti du véhicule, une altercation aurait éclaté, toujours selon la police. Lorsque les policiers l'ont menotté, il semblait souffrir, ont-ils déclaré. Une ambulance a emmené George Floyd à l'hôpital, où il est mort peu de temps après, selon la police. Aucune arme n'a été utilisée et aucun officier n'a été blessé.

Une version des faits qui semble contredite par une autre vidéo.

Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a pour sa part fustigé un acte «horrible», accusant le policier d'avoir «manqué d'un sens de l'humanité fondamental». «Être Noir ne devrait pas être une peine de mort», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse mardi. Le chef de la police de Minneapolis a pour sa part indiqué qu'une enquête fédérale allait être ouverte sur cette affaire. Jacob Frey a annoncé un peu plus tard sur Twitter que les quatre policiers impliqués dans cette interpellation avaient été démis de leurs fonctions mardi. «C'est la juste décision», a-t-il dit.

Des milliers de manifestants

Mardi, des passants se recueillaient et déposaient des fleurs à l'endroit de l'interpellation, alors que d'autres arboraient des affiches demandant à la police d'«arrêter de tuer des Noirs». L'avocat de la famille, Benjamin Crump, a dénoncé un usage «abusif, excessif et inhumain de la force» pour un délit «non-violent», et demandé la fin du «profilage racial et (de) la minimisation des vies noires par la police».

Le recueillement a rapidement laissé place à la colère, alors que de nombreux rassemblements en signe de protestation étaient signalés dans Minneapolis sur les réseaux sociaux.

Rapidement déployées sur place, les forces de l'ordre ont dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes.

L'affaire rappelle celle d'Eric Garner, un homme noir décédé après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs à New York en 2014. L'affaire avait déclenché un mouvement de protestation et contribué à l'émergence du mouvement Black Lives Matter («Les vies des Noirs comptent»). La police de New York et Los Angeles avaient par la suite interdit les méthodes d'immobilisation controversées, comme le plaquage ventral.

AFP


Tags: EtatsUnis