En Allemagne, un plan de soutien géant de 1100 milliards d'euros contre le coronavirus

  26 Mars 2020    Lu: 489
En Allemagne, un plan de soutien géant de 1100 milliards d  POOL New / via REUTERS

Ce plan est sans précédent depuis 1945. Il représente près d'un tiers de la richesse totale produite par le pays en un an.

Après des années de rigueur budgétaire, les députés allemands ont adopté mercredi un plan de sauvetage «historique» de près de 1100 milliards d'euros pour défendre la première économie européenne face à la pandémie du nouveau coronavirus. Voici les principales mesures envisagées, qui doivent être définitivement avalisées vendredi par le Bundesrat, la Chambre haute du parlement.

Le volume de ce programme, qui représente près d'un tiers de la richesse totale produite par le pays en un an, est «sans précédent pour l'Allemagne depuis la deuxième guerre mondiale», selon les mots ministre des Finances et vice-chancelier Olaf Scholz à la chambre.

Il comprend trois éléments essentiels.

D'une part, la création d'un fonds de secours pour les grandes entreprises, doté de jusqu'à 600 milliards d'euros, dont 400 milliards d'euros de garanties pour les dettes des entreprises, 100 milliards pour les prêts ou les prises de participation dans les entreprises et 100 milliards pour soutenir la banque d'investissement publique KfW.

Une augmentation de 357 milliards d'euros de la puissance de feu de KfW, qui pourra, elle, à l'avenir garantir quelque 822 milliards d'euros de prêts. Et une rallonge budgétaire fédérale de plus de 100 milliards d'euros environ pour cette année, pour différentes mesures d'aides, notamment à l'attention des petites entreprises ou des salariés.

Pour la première fois depuis 2013, l'Allemagne, chantre de l'orthodoxie budgétaire, va contracter des dettes cette année, à hauteur de quelque 156 milliards d'euros. À la fois pour financer des mesures de soutien et compenser un recul de ses recettes fiscales. La politique d'équilibre budgétaire dite du «zéro déficit», souvent décriée par les partenaires de l'Allemagne qui l'accusent de freiner la croissance par sa rigueur, vole ainsi en éclat.

Ces emprunts forcent aussi la première économie européenne à mettre en veilleuse la règle constitutionnelle du «frein à l'endettement» qui dicte sa conduite depuis des années. Mise en place en 2011, elle n'autorise en principe qu'un déficit pouvant aller jusqu'à 0,35% du PIB. Ce seuil peut néanmoins être dépassé en cas de circonstances exceptionnelles, que Berlin invoque avec le coronavirus.

Nationalisations partielles
Ensuite, le plus gros de l'enveloppe annoncée vise à assurer la survie des grandes entreprises du pays, très exportatrices et en conséquence particulièrement fragilisées par la crise. Il s'agit aussi d'empêcher qu'elles ne fassent faillite ou tombent dans les griffes d'investisseurs étrangers. Le ministre de l'Économie Peter Altmaier a mis en garde contre «des ventes en série» des joyaux nationaux.

Grâce au fonds de Fonds de secours, l'État pourra via sa banque KfW garantir les crédits de ces entreprises et, pour celles qui risquent la faillite, acheter des parts dans leur capital.

L'État avait fait de même dans le secteur bancaire avec Commerzbank lors de la crise financière de 2008. Les secteurs du tourisme, services aux entreprises ou transport pourraient être les premiers à en bénéficier.

La compagnie aérienne Lufthansa, dont la plupart des avions sont désormais cloués au sol, est un des candidats potentiels à la semi-nationalisation.

10 milliards de plus à la santé
Le gouvernement va dépenser un paquet de 50 milliards d'euros d'aides directes pour les PME ou les travailleurs indépendants tels que les photographes, artistes ou physiothérapeutes dans l'incapacité d'exercer leur profession en raison des mesures de confinement. Ils recevront une aide individuelle de 9000 à 15.000 euros pour trois mois. Une condition: ils devront prouver que leur problème de trésorerie est lié à la crise.

Berlin va aussi financer toute une série de mesures sociales, telles un report de paiement des loyers ou un assouplissement du recours au chômage partiel qui devrait toucher plus de deux millions de personnes, soit largement plus que les 1,4 million lors de la crise de 2008.

Enfin, l'État va aussi allouer dix milliards d'euros supplémentaires cette année au système de santé. Il s'agira en particulier d'aider les hôpitaux à s'équiper en nouveaux lits à assistance respiratoire.

Avec AFP


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