Liban: le Hezbollah appelle à «donner sa chance» au gouvernement

  17 Février 2020    Lu: 665
  Liban:   le Hezbollah appelle à «donner sa chance» au gouvernement

Le puissant mouvement armé libanais Hezbollah a appelé ce dimanche 16 février à «donner sa chance» au nouveau gouvernement pour lui permettre d'empêcher «l'effondrement» du pays secoué par une grave crise économique et une contestation anti-pouvoir inédite.

Hassan Diab a été chargé de former un nouveau gouvernement après la démission fin octobre sous la pression de la rue de son prédécesseur Saad Hariri. Rejeté par la rue, son gouvernement a obtenu mardi la confiance du Parlement. Il avait été formé à l'issue de semaines de tractations orchestrées par le Hezbollah chiite, poids lourd de la vie politique libanaise, et ses alliés, notamment le parti du président Michel Aoun.

Les manifestants, mobilisés depuis le 17 octobre, réclament eux une équipe de technocrates et d'indépendants, et fustigent l'ensemble de la classe politique traditionnelle accusée de corruption et d'incompétence.

«Il faut donner sa chance au gouvernement actuel», a plaidé le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans une allocution télévisée retransmise sur des écrans géants devant ses partisans. Il a demandé qu'«un délai raisonnable» soit accordé au gouvernement confronté selon lui à des «tâches impossibles», pour lui permettre d'empêcher «l'effondrement, la faillite» du pays.

«Il est de la responsabilité de tous d'aider ce gouvernement, à minima de le laisser travailler et de ne pas le combattre», a souligné le chef du Hezbollah. «La situation économique, financière et monétaire est grave».

Le Liban fortement endetté
Le Liban croule sous une dette avoisinant les 92 milliards de dollars, soit plus de 150% du PIB. En mars, l'Etat doit rembourser 1,2 milliard de dollars d'Eurobonds - des obligations émises en dollars- arrivant à échéance.

Ces derniers mois, les banques locales ont imposé des restrictions draconiennes inédites sur les retraits et les transferts en dollars, dans un pays où le billet vert est utilisé au quotidien au même titre que la livre libanaise.

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Les Libanais sont très souvent contraints de se tourner vers les bureaux de change, où de fait la monnaie nationale a connu une forte dépréciation.

La Banque mondiale a averti en novembre que la moitié de la population au Liban pourrait bientôt vivre sous le seuil de pauvreté.

Par AFP


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