L'ONU va fermer «la semaine prochaine» un centre pour réfugiés en Libye

  14 Février 2020    Lu: 259
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Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) pense fermer «la semaine prochaine» un centre de transit à Tripoli devenu une «cible» dans «le pire pays au monde» pour les demandeurs d'asile, a annoncé vendredi à l'AFP une responsable du HCR en Libye.

L'organe onusien avait décidé fin janvier de suspendre ses opérations dans ce Centre de rassemblement et de départ (GDF) lorsqu'il a constaté qu'un terrain d'entraînement militaire avait été bâti à l'extérieur de la structure, dans la capitale de ce pays plongé dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Depuis le franchissement de cette «ligne rouge», le HCR évacue les personnes les plus vulnérables de ce site qui relève de la juridiction du ministère libyen de l'Intérieur et il ne restait vendredi plus que 119 personnes dans le centre «dont on anticipe qu'il fermera la semaine prochaine», a indiqué Caroline Gluck, de passage à Paris.

«C'était juste intenable de garder les choses comme elles étaient, parce qu'il (le centre) devenait une cible», a-t-elle poursuivi. Les réfugiés en attente d'évacuation vers l'étranger qui y sont hébergés se voient proposer une aide financière de 450 à 1100 dinars libyens (293 à 718 euros) selon leur situation familiale dans le cadre d'une sortie du site, près duquel un bombardement aérien a tué au moins 53 migrants en juillet 2019.

«La Libye est probablement le pire endroit au monde pour un réfugié ou un demandeur d'asile»
Toutefois, «nous avons toujours espoir de pouvoir rouvrir à terme», souligne Caroline Gluck: «Rouvrira-t-il comme un centre de transit ? Ou peut-on rouvrir un centre de jour avec plusieurs agences onusiennes qui y opèreraient avec des services médicaux, alimentaires...? Tout dépendra de la capacité à conserver la nature civile de la structure», prévient-elle.

Selon les données du HCR, les réfugiés et demandeurs d'asile enfermés dans les centres de détention dépendant du gouvernement libyen ne représentent que 5% des 47.000 exilés en Libye. Le pays est déchiré entre le gouvernement d'union (GNA), reconnu par l'ONU et basé à Tripoli, et un pouvoir incarné par l'homme fort de l'Est, le maréchal Khalifa Haftar. «La Libye est probablement le pire endroit au monde pour un réfugié ou un demandeur d'asile», juge encore Caroline Gluck. «Tous les jours, si vous êtes originaire d'Afrique subsaharienne, vous êtes susceptible de passer un moment douloureux en Libye: racisme, harcèlement, menaces, violences, vols...» Malgré cela, ajoute-t-elle, 1000 nouveaux demandeurs d'asile affluent d'Afrique subsaharienne vers la Libye, chaque mois. (AFP)


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